Menaces de mort adressées à la mosquée de Valence après le meurtre de Thomas

Une plainte a été déposée ce samedi 25 novembre 2023 par les responsables de la mosquée de Valence. Ils ont reçu une lettre de menaces islamophobes en lien avec le meurtre de Thomas à Crépol.

La lettre anonyme a été trouvée ce samedi 25 novembre 2023 par les responsables de la mosquée de Valence. "Un bon musulman est un musulman mort. Justice pour Thomas", est-il écrit dans ce courrier accompagné d'une caricature de Charlie Hebdo montrant le prophète Mahomet nu, a indiqué le porte-parole de l'association Al Fourqane qui gère cette mosquée à l'AFP. Une plainte a été déposée.

"Nous regrettons l'amalgame qui est fait"


"Nous dénonçons ces menaces de mort inacceptables et nous condamnons le meurtre du jeune Thomas, cela ne fait aucun doute", a affirmé Mustapha Laqli, porte-parole de la mosquée de Valence, confirmant auprès de l'AFP une information de France Bleu.

Ces menaces s'inscrivent dans un climat politiquement tendu depuis la mort de Thomas, un jeune lycéen de 16 ans, tué d'un coup de couteau lors de la fête du village de Crépol. Les militants d'ultra et d'extrême droite mènent campagne sur les réseaux sociaux, cherchant à associer ce drame à l'immigration et "l'ensauvagement de la France".

"La religion musulmane ne cautionne pas ce genre d'actes. Elle les condamne et nous regrettons l'amalgame qui est fait entre les musulmans qui appliquent les lois de la France et ces criminels qui, s'il s'avère qu'ils se revendiquent musulmans, ne représentent en rien les valeurs de l'Islam", a réagi le porte-parole de l'association Al Fourqane qui gère la mosquée de Valence.

Rappelons que neuf personnes ont été interpellées depuis le drame et placées en garde à vue durant 96 heures. Les suspects, parmi lesquels des mineurs, ont été présentés au parquet de Valence à la mi-journée de ce samedi.

Une autre mosquée visée dans la Manche


Selon l'AFP, d'autres tags islamophobes ont aussi été découverts, ce samedi matin, sur les murs de la mosquée de Cherbourg-en-Cotentin. Là encore, il y a menaces de mort et des inscriptions réclamant "Justice pour Thomas, ici on est en France".

Mardi 21 novembre, lors de l'annonce des interpellations réalisées près de Toulouse et à Romans-sur-Isère, le procureur de la République à Valence avait précisé dans un communiqué que le principal suspect était "âgé de 20 ans" et de "nationalité française". Il habite "le centre" de Romans-sur-Isère et "non le quartier de la Monnaie", spécifiait ainsi Laurent de Caigny.

Les obsèques de Thomas, mort lors de son transport à l'hôpital dans la nuit du samedi au dimanche 19 novembre, ont été célébrées vendredi en présence d'une foule immense. Ces violences ont également fait huit blessés, dont deux jeunes de 28 et 23 ans, gravement touchés.