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A Valence, des caméras pour traquer les clients de prostituées

La ville de Valence a placé des caméras dans un parc connu pour être un lieu de prostitution. Sur le modèle de la "video-verbalisation" qu'elle utilise couramment pour les infractions routières, la mairie veut systématiser les poursuites pour les clients de prostituées. 
La ville de Valence a annoncé, jeudi 20 septembre, vouloir utiliser ses caméras de video-surveillance dans un parc du sud de la ville, pour traquer les clients de prostituées, assurant vouloir "systématiser les verbalisations".
 

Des actes sexuels sous video-surveillance

Sur le site de l'Epervière, un parc de 7 hectares entre l'autoroute A7 et le Rhône, connu pour être un lieu de prostitution, des yeux surveillent désormais les clients. Des caméras de video-surveillance veillent, et la mairie compte bien les utiliser pour verbaliser tout acte de prostitution qui serait saisi par les caméras. La ville utilise déjà couramment la video-verbalisation, pour les infractions au code de la route et au stationnement. Depuis le début de l'année, plus de 1 000 pv ont été ainsi dressés grâce aux 151 caméras de la commune. 
L'idée, pour Nicolas Daragon, le maire LR de la ville, c'est d'agir sur la prostitution avec la même efficacité que sur les infractions routières. "Nous n'allons pas éradiquer le problème du jour au lendemain, j'en ai conscience. Mais l'idée est de systématiser les verbalisations pour essayer d'endiguer ce phénomène", commente M. Daragon.
 


Les verbalisations ne seront pas automatiques


Mais il ne sera pas possible pour Valence d'opérer à des verbalisations automatiques par le biais de caméras, sur le même modèle que pour les infractions au code de la route. Car si les pv pour infractions routières sont du ressort de la commune, ceux qui concernent la prostitution sont entreprises par le procureur de la république. La municipalité précise que "le dispositif de vidéo-verbalisation permet d'utiliser les caméras pour relever et verbaliser les infractions au Code de la route. Concernant les achats d'actes sexuels, la procédure est transmise par la ville au procureur de la République". C'est celui-ci qui décide en dernier ressort de poursuivre une procédure ou non, sur les bases fournies par les caméras de la commune. Interrogé par l'AFP, le procureur de Valence Alex Perrin a précisé que jusqu'ici, les procédures envers les clients de prostituées sur son ressort n'avaient "pas été établies par le biais" de la vidéo-verbalisation. Et rappelle que les clients d'actes sexuels tarifés encourent une contravention de 5e classe, qui jusqu'ici "n'ont pas donné pas lieu à des poursuites pénales, mais à des rappels à la loi ou à des alternatives aux poursuites."

 

Des panneaux dissuasifs


A l'entrée du site de l'Epervière, un parc de 7 hectares entre l'autoroute A7 et le Rhône, 4 panneaux de 3 mètres sur 2 ont été installés, pour avertir les contrevenants. Sur les installations, 3 pictogrammes : le premier rappelle qu'"acheter un acte sexuel est interdit par la loi et passible d'une amende de 1 500 euros" ; le second avertit que "le site est équipé de caméras permettant la vidéo-verbalisation" et le troisième que "l'amende est envoyée directement" au domicile du contrevenant.

Le maire précise que "depuis début 2018, 94 procédures ont déjà été dressées à l'encontre de clients des travailleurs du sexe sur le site de l'Epervière et plus de 150 verbalisations pour non-respect du code de la route ont été adressées aux contrevenants". "Ces panneaux rappellent le risque encouru, c'est le droit, même si le procureur ne poursuit pas systématiquement, le prochain peut avoir une politique pénale différente", a-t-il poursuivi.

Depuis 2016, l’achat d’un acte sexuel est pénalement répréhensible et passible d’une amende de 1 500 euros, envoyée directement au domicile. 

Le reportage d'Hugo Chapelon et Stéphane Hyon : 
 




 
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