Saint-Gervais : la construction de trois chalets crée la discorde entre le maire et une association environnementale

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Écrit par Antoine Belhassen
Le maire de Saint-Gervais-les-Bains, Jean-Marc Peillex, affirme avoir porté plainte contre la présidente d'une association environnementale.
Le maire de Saint-Gervais-les-Bains, Jean-Marc Peillex, affirme avoir porté plainte contre la présidente d'une association environnementale. © Pierre Charles/MaxPPP

Le maire de Saint-Gervais-les-Bains, Jean-Marc Peillex, affirme avoir porté plainte, vendredi 26 novembre, contre la présidente d'une association environnementale. Il l'accuse de "propos mensongers, insultants et diffamatoires" au sujet de la construction de trois chalets rattachés à un hôtel de luxe.

Dans le petit hameau du Plateau de la Croix, à Saint-Gervais (Haute-Savoie), la construction de trois chalets, mis en location par une société hôtelière, suscite la polémique et l'énervement de Jean-Marc Peillex, maire de la commune.

Vendredi 26 novembre, l'édile a affirmé, dans un communiqué, porter plainte contre Laurence Mathey, membre de la FNE 74 et présidente de l’Association pour la sauvegarde du massif du Mont-Joly. Il l'accuse "de propos mensongers, insultants et diffamatoires" suite à un article du Dauphiné Libéré, dans lequel la membre d'associations environnementales se posait des questions sur les permis de construire accordés à ces chalets.

"Normalement, au-delà de 300 mètres carrés, on doit faire une procédure d'unité touristique nouvelle (UTN) quand il s'agit d'un établissement à but touristique, selon la réglementation du plan local d'urbanisme (PLU) des zones N3 à Saint-Gervais. Au niveau national, c'est 500 mètres carrés. De mémoire, les chalets construits font entre 700 et 800 mètres carrés", observe Laurence Mathey.

Un "tour de passe-passe"

Dans l'article du quotidien régional, elle critique donc un "tour de passe-passe" dans la délivrance de ces permis de construire et dans l'absence d'UTN : "Les permis de construire portaient sur des chalets d'habitation. Ils ont été régularisés les uns après les autres pour permettre leur exploitation hôtelière. Il y a eu un changement de destination."

On n'est pas en Chine.

Laurence Mathey, présidente de l’Association pour la sauvegarde du massif du Mont-Joly.

La nouvelle situation de ces chalets convient peu à Madame Mathey, qui s'appuie sur les observations d'un ancien conseiller d'Etat et qui entend simplement lutter pour la "préservation de l'environnement d'un bétonnage massif".

"Quand on met en cause la régularité d'un permis de construire, on ne tient pas de propos diffamatoire, il n'y a pas d'attaque à des personnes. On n'est pas en Chine", poursuit-elle.

Face à ces critiques, le maire de Saint-Gervais a répondu par ce communiqué cinglant où il dénonce "des propos inadmissibles" et une absence de réaction de la part de l'association de Madame Mathey sur d'autres enjeux locaux, comme la pollution dans la vallée de l'Arve ou la pollution du Mont-Blanc.

"Plus de la démocratie"

De plus, il s'interroge sur sa récente réaction et assure : "Madame Mathey n'a rien dit au moment de l'élaboration du PLU, elle n'a rien dit quand les permis de construire ont été délivrés en 2016. Aujourd'hui, elle est actionnée par quelques résidents secondaires qui, après avoir acheté à Saint-Gervais, veulent acheter leur tranquillité en rendant leurs voisins inconstructibles."

Ça s'appelle de la prise illégale d'intérêt, nous sommes à la limite du gros pénal.

Jean-Marc Peillex, maire de Saint-Gervais-les-Bains.

"Elle en vient même à appeler des propriétaires pour leur dire que s'ils déposent un permis de construire, ils seront attaqués. Ce n'est plus de la démocratie, c'est de la dictature", continue l'édile.

"Ce sont des brasse-merde. Quand on s'intéresse à quelque chose, on peut faire des remarques et des recours, mais pas cinq ans après parce qu'une voisine lui a dit quelque chose. Ça s'appelle de la prise illégale d'intérêt, nous sommes à la limite du gros pénal. L'utilisation de moyens pour défendre des intérêts personnels, ça se qualifie en droit, ça peut être grave ce qu'ils font."

Une plainte déposée ?

"L'objectif de notre association n'était pas d'aller au contentieux mais d'éviter toute éventuelle dérive dans le futur", répond Madame Mathey qui poursuit : "La plainte de Monsieur Peillex pourrait nous faire revoir cette position."

Elle indique ne pas avoir reçu de courrier de plainte la part de Monsieur Peillex ou de la gendarmerie de Saint-Gervais-les-Bains, laquelle n'a pas souhaité communiquer sur un dépôt de plainte de la part du maire.

"Je connais bien Monsieur Peillex qui a des réactions parfois violentes et brutales. Il est en conflit avec France Nature Environnement. (...) L'association a déjà fait annuler trois aspects du PLU de Saint-Gervais, ce qui peut expliquer la colère de Monsieur Peillex", conclut Laurence Mathey.

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