Banque Alimentaire : 4 tonnes de fruits et légumes pour l'association en Isère... pour aider les "nouveaux pauvres"

Face à une situation critique dûe à l’explosion du nombre de bénéficiaires au plus fort de la crise du coronavirus, la Banque Alimentaire a fait appel à la collectivité. Le département de l’Isère s’est engagé à livrer des denrées supplémentaires jusqu’à mi-juin.
 

Banque Alimentaire de l'Isère - Sassenage
Banque Alimentaire de l'Isère - Sassenage © Alain Provost
La première des quatre livraisons prévues est arrivée dans la matinée du mercredi 20 mai 2020. Une tonne de fruits et légumes de saison produits localement. Ils arriveront chaque semaine pendant un mois.
 
Au menu du jour 250 kg de carottes, 150 kg de courgettes et autant de panais, poireaux, tomates ou pommes.
 
Banque Alimentaire à Sassenage
Banque Alimentaire à Sassenage © Alain Provost

Depuis le début de la crise liée au coronavirus, les associations et structures d’aide alimentaire constatent une très forte augmentation des ménages accueillis. Il fallait agir.

Pour faire face à cette hausse des besoins, la Banque Alimentaire était la seule alternative. La structure est l’une des rares à être restée ouverte pendant les deux mois de restrictions. La plupart des associations d’aide ont fermé leurs portes dès la mi-mars pour des raisons de logistique ou/et de sécurité sanitaire.

 

Mobilisation permanente


Dans ce contexte, la Banque Alimentaire a tenu à rester mobilisée malgré des contraintes d’organisation.

L’an dernier l’association iséroise a distribué 2000 tonnes de denrées -4 millions de repas- à 5800 bénéficiaires. A titre de comparaison, en deux mois de confinement, c’est 450 tonnes de produits alimentaires qui ont été remis à près de 10 000 ayants droit.

« Des nouveaux pauvres » précise Christian Chédru, président de l’association en Isère et Auvergne-Rhône-Alpes "les profils, des étudiants...600 chaque semaine. Des familles en difficulté confrontées à la fermeture des restaurants scolaires. Des parents isolés, notamment des mères célibataires. Des chômeurs ,des intérimaires, des SDF.  Des personnes hébergées en structures d’accueil, des centres communaux d’action sociale (CCAS). Au total en ce moment on a 110 sites à ravitailler."

Christian Chédru s’est naturellement tourné vers un soutien et un interlocuteur qu’il connait bien, le département de l'Isère. Son idée, aider l’association à s’approvisionner en fruits et légumes locaux en grande quantité.
 
Anne Gérin, chargée de la solidarité au département et Christian Chédru, Président de la Banque Alimentaire
Anne Gérin, chargée de la solidarité au département et Christian Chédru, Président de la Banque Alimentaire © Alain Provost

Forte de cette réflexion, Anne Gérin en charge des actions de solidarité et de l’insertion au département sollicite le groupement de producteurs ReColTer (Restauration Collective et Terroirs - Loire, Isère Rhône).

Elle explique : «en face on a des marchés avec des producteurs locaux qui alimentent nos restaurants de collèges du Nord-Isère. Tout s’est arrêté, il n’y avait plus de débouchés pour les agriculteurs. C’était important d’avoir cette aide, cette solidarité à double sens».
 
Plateforme de producteurs locaux ReColTer
Plateforme de producteurs locaux ReColTer © Alain Provost

Contrairement à d'habitude, les bénévoles de l’association n'ont pas à trier des produits récupérés d'invendus. Cette production, de première qualité, est achetée par la collectivité et livrée rapidement. 
 
Produits frais locaux
Produits frais locaux © Alain Provost

Cette initiative vient renforcer le fonctionnement de base de l’association, qui d’ordinaire, récupère des invendus de grandes surfaces sous forme de dons. Ce cumul de ressources a également vu arriver des aliments d’une provenance inhabituelle.

Des cinémas, des stations-services, des excédents de cuisines d’hôpitaux et même le Crous ont participé aux dons pendant cette période difficile. « Ce bonus nous aide à traverser cette crise plus facilement » précise Christian Chédru.

 

Distribution


La reprise d'activité progressive ne signifie pas la fin de la galère. Les problèmes ne disparaîtront pas du jour au lendemain avec le déconfinement. "Cela pourrait durer une partie de l'été", s'inquiète Christian Chédru. "Nous distribuons des denrées tous les jours. Le panier moyen, 6kg par personne et par semaine. Des produits frais et secs pour moitié".

La Banque Alimentaire de l'Isère est un pilier incontournable du paysage associatif local depuis 1986. Avant, pendant ou après cette crise sanitaire, cette association d'utilité publique, est et restera, un lien vital pour bon nombre de bénéficiaires. 

 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
solidarité société vie associative alimentation agriculture économie coronavirus/covid-19 santé