Covid-19: le grossiste alimentaire Alpagel à l'arrêt à cause du confinement, "une pression psychologique infernale"

A Echirolles, l'entreprise familiale Alpagel, grossiste en alimentaire, est au point mort. Des camions à l'arrêt, des stocks vides. Il a même fallu donner la plupart des produits entreposés. Le groupe réalise 60% de son chiffre d'affaires avec les stations de sports d'hiver.
 
Tous les camions du site d'Echirolles sont à l'arrêt total
Tous les camions du site d'Echirolles sont à l'arrêt total © France 3 Alpes
Seul, désespérement seul dans son entreprise, Stéphane Ubrun, Directeur général d'Alpagel, fait faire le tour de ses locaux et de ses entrepôts le coeur gros et la voix manisfestement chargée d'une émotion qu'il contient. Il y a d'abord à l'entrée du site tous ces camions, des dizaines en ligne et immobiles, à l'arrêt total depuis plusieurs semaines.

A cette époque, ils sont déjà partis depuis longtemps, dans la nuit, vers les stations de sports d'hiver avec lesquelles ce groupe familial qui emploie au total 500 salariés, réalise d'ordinaire 60% de son chiffre d'affaires.

A l'heure du second confinement, l'entreprise subit la crise, de plein fouet. Elle embauche à cette époque de l'année, 10 chauffeurs, 20 magasiers, des saisonniers supplémentaires qu'il n'est pour l'instant pas question de recruter.

Sur le site grenoblois, sur les 100 salariés en CDI, 70 en ce moment n'ont plus d'activité : "On essaie de faire des équipes, en rotation, pour qu'ils puissent au moins revenir dans l'entreprise tous les 15 jours ou toutes les trois semaines, car cette seconde vague est aussi une seconde plus difficile sur le plan psychologique", estime-t-il.

Dans les chambres de stockage d'ordinaire pleines à craquer, en produits frais ou en surglés, il ne reste ... quasiment plus rien. : "On avait un peu plus d'un million de marchandises, qu'on a pas pu vendre. On a dû donner la plupart d'entre elles, pour une valeur de 400 000 euros à la Banque alimentaire de l'Isère, pour qu'au moins elles ne soient pas perdues".

Et l'avenir ? "Le drame, c'est l'incertitude, on ne sait même pas si les stations vont pouvoir ouvrir, ni quand, c'est impossible de gérer des stocks, et nous n'avons aucune visibilité, je vais devoir mettre 80% de mes effectifs au chômage partiel", s'inquiète profondément l'entrepreneur qui a rejoint dans l'après-midi le rassemblement des restaurateurs et des commerçants, place de Verdun à Grenoble, devant la préfecture de l'Isère.
  
Ce lundi 23 novembre, le Premier ministre et plusieurs membres du gouvernement ont rencontré les élus et professionnels de la montagne. La décision d'ouvrir ou non les stations de ski pour les vacances de Noël sera annoncée sous dix jours, selon Matignon. 
 
 
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