Affaire Adrien Perez : sa mère interpelle Jean Castex sur France 2 à propos de l'insécurité

La mère d'Adrien Perez, mortellement poignardé en 2018 à Meylan, a interpellé Jean Castex jeudi soir sur France 2 au sujet de l’insécurité. Particulièrement déçu des réactions du ministre, le père d’Adrien Perez a exprimé son mécontentement dans une vidéo consacrée au Dauphiné Libéré.
La mère d'Adrien Perez, tué à Meylan en 2018 à la sortie d'une boîte de nuit, interpelle le Premier ministre Jean-Castex dans l'émission "Vous avez la parole"
La mère d'Adrien Perez, tué à Meylan en 2018 à la sortie d'une boîte de nuit, interpelle le Premier ministre Jean-Castex dans l'émission "Vous avez la parole" © Capture d'écran "Vous avez la parole"
Les parents du jeune Adrien Perez, mortellement poignardé à la sortie d’une discothèque de Meylan en juillet 2018, sont intervenus sur le plateau de l’émission "Vous avez la parole" jeudi 25 septembre. Plus d’un an après la mort tragique de son fils, Patricia Perez a interpellé, en larmes, le Premier ministre au sujet de l’insécurité "toujours présente, pas qu’à Grenoble, mais dans tout le pays". Pour elle, "rien n’a changé" en deux ans. 
 

Et ma question, c’est quand ? Quand est-ce que vous allez vous occuper de cette insécurité dans notre pays ? Quand est-ce que vous allez arrêter de cautionner un état dans l’état qui fait régner sa terreur ? Donnez-nous une réponse. Et des actes. Des actes s’il vous plaît !

Patricia Perez interpellant Jean Castex dans l'émission "Vous avez la parole" sur France 2



A l’issue de l’émission, les parents d’Adrien Perez ont fait part de leur mécontentement dans une vidéo consacrée au Dauphiné Libéré. Ils estiment notamment "qu’on ne les a pas laissés parler" et qu’ils "n’ont pas eu de réponses de Premier ministre" qui, selon eux, n’a pas répondu à leurs attentes.
 

"C’est l’Etat qui s’est très mal comporté"

Face aux interrogations de Patricia Perez, le Premier ministre a formulé un certain nombre de réponses. Il a d’une part promis une augmentation du budget de la justice de 8% pour l’année prochaine.

Retrouvez cette séquence dans le tweet de l'émission "Vous avez la parole" : 
"Il me semble que de la qualité de la célérité de la réponse pénale dépend une grande partie de la solution", a-t-il déclaré en pointant du doigt la responsabilité de l’Etat. "En réalité, c’est l’Etat qui s’est très mal comporté. On est au 23e rang en Europe des moyens que nous consacrons à notre justice. Là où il y a un magistrat en France, je crois qu’il y en a trois en Allemagne."

La Premier ministre a également annoncé le recrutement imminent de 900 personnels (magistrats, des greffiers, des assistants de justice). "Moi, je veux des résultats tout de suite", a-t-il dit déclaré. "On va aussi numériser beaucoup les moyens de la justice, parce qu’il y a aussi des moyens matériels, a-t-il promis. Il faut que la justice soit plus rapide et plus efficace." Enfin, le Premier ministre a assuré qu’il y aurait 10 000 policiers de plus "sous le quinquennat Macron" et que le budget de la police "continuerait à augmenter".
 

"C'est bien beau de faire de l'émotion et de faire du buzz"

Mais ces annonces n'ont manifestement pas convaincu les parents d'Adrien. Bruno Perez s'exprime dans une interview réalisée par nos confrères du Dauphiné Libéré. 
"La seule occasion qu'on aurait pu avoir pour dire les choses, dire ce que l'on pense au fond de nous, on ne l'a pas eue", regrette Bruno Perez. "On ne veut pas faire pleurer la France, a-t-il dit. C'est bien beau de faire de l'émotion et de faire du buzz mais on n'est pas là pour faire du buzz".

Il demande que la violence "ne reste pas impunie". Mais il reste pessimiste. "Il n'y a rien qui change. Il n'y a rien qui changera en fait. Ce sera toujours pareil. Toujours", conclut-il. 
 

Grenoble est-elle si dangereuse que ça ? 

En septembre dernier, notre émisison Dimanche en Politique avait posé cette question : Grenoble est-elle vraiment plus dangereuse qu'une autre ville ? Pour y répondre, la tante d'Adrien Perez était intervenue sur notre plateau, tout comme Jean-Yves Coquillat, ancien Procureur de la République de Grenoble, qui avait affirmé n'avoir "jamais vu une ville aussi pourrie par le trafic de drogue".




 
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