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EXCLUSIVITE. Les inquiétants chiffres de la délinquance à Grenoble

L'hôtel de police de Grenoble, le 18 janvier 2018 / © JEAN-PIERRE CLATOT / AFP
L'hôtel de police de Grenoble, le 18 janvier 2018 / © JEAN-PIERRE CLATOT / AFP

Le Procureur de la République, Jean-Yves Coquillat, a livré, en exclusivité pour France 3 Alpes, les chiffres de la délinquance à Grenoble. Des chiffres inquiétants, proches de ceux avancés par les syndicats policiers qui comparent la ville à un "Chicago français".

Par France 3 Alpes

Ces chiffres-là sont rares. Car difficiles à trouver. Depuis 2014, le Ministère de l'Intérieur se refuse, en effet, à communiquer les bilans chiffrés de la délinquance à Grenoble. Et à la lecture de ces statistiques, il est facile de comprendre pourquoi. 
 

 

Les atteintes aux personnes en augmentation

Sur les huit premiers mois de l'année 2018, les atteintes aux personnes ont ainsi augmenté de 18,49% dans l'agglomération de Grenoble, avec 3.172 faits recensés. Des chiffres à prendre avec un peu de recul dans la mesure où, selon l'aveu même de certains policiers, ces faits sont tellement fréquents qu'ils ne font pas forcément tous l'objet d'un dépôt de plainte. 

Dans le même temps, les violences non crapuleuses ont elles aussi bondi de 21,86%. Par violences non crapuleuses, les services de police entendent les actes qui ne visent pas à l'acquisition d'un bien contrairement aux violences crapuleuses qui regroupent donc les vols avec violence, vols avec arme ou extorsions de fonds et, qui, elles sont en baisse de 9,72% dans l'agglomération (669 faits recensés). 
 
 

+ 53% d'agressions physiques à Grenoble


Mais le chiffre le plus inquiétant est sans aucun doute celui-ci : 53%. Comparé à un panel de 8 villes de taille similaire, les AVIP dans le jargon policier (atteintes volontaires à l'intégrité physique) sont, à Grenoble, 53% plus nombreuses. En clair, il y a donc bien plus d'agressions physiques à Grenoble qu'à Rennes ou Toulon, par exemple. Cet écart avec d'autres villes est également très important lorsqu'il s'agit des violences non crapuleuses : elles sont, à Grenoble, 31,24% plus nombreuses que la moyenne de 8 villes de taille similaire. 
 

Grenoble est donc bien une ville plus violente et moins sûre que ses homologues. Cette vérité chiffrée vient donc confirmer les informations régulièrement avancées par les syndicats policiers. Sur le début de l'année 2018, la délinquance globale est toutefois relativement stable avec 17.415 faits recensés (+0,57%). Et le nombre de vols avec violences a lui diminué de 8,87% (647 faits). 
 

"Dimanche en Politique", une émission consacrée à la sécurité

Ces chiffres et cette analyse sont à retrouver dans l'émission "Dimanche en Politique" qui sera diffusée le dimanche 16 septembre 2018 à partir de 11 heures sur France 3 Alpes. Une émission d'une durée exceptionnelle d'une heure pour revenir sur les faits divers de ces dernières semaines, dont la mort d'Adrien Pérez, et sur le climat de violence qui agite Grenoble.

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