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Gilets jaunes. Un fichier des “casseurs“ ? Une ”atteinte à la liberté de manifester” pour le juriste grenoblois S. Slama

Le professeur de Droit public à l'université de Grenoble Serge Slama. / © France 3 Alpes.
Le professeur de Droit public à l'université de Grenoble Serge Slama. / © France 3 Alpes.

Et si un fichier recensait les casseurs ? Le nouveau délégué général de la République en Marche en a émis l'idée après les nouvelles violences lors de l'acte 8 des gilets jaunes samedi. Une mesure qui porterait atteinte à la liberté de manifester selon le professeur de droit grenoblois Serge Slama.

Par Yann Gonon, avec AFP.

Plusieurs voix appellent à une plus grande fermeté de l'Etat après les nouvelles violences de ce samedi 5 janvier 2019, en marge de "l'acte 8" des gilets jaunes. Parmi les mesures réclamées, la création d'un fichier recensant les "casseurs". Pour le professeur de droit à l'université de Grenoble Serge Slama, cela porterait "atteinte à la liberté de manifester".

C'est Stanislas Guérini, nouveau délégué général de la République en Marche, qui a plaidé ce lundi 7 janvier pour la création d'un fichier national recensant les "casseurs". "Il faut solliciter tout l'arsenal de solutions, y compris sécuritaires. Nous pouvons avoir un fichier pour repérer les casseurs (...) et les interdire de manifester", a-t-il déclaré sur Cnews, jugeant que "c'est une piste qu'il faut creuser".

"Nous avons la capacité pour les hooligans dans les stades d'interdire aux gens d'assister à un match de foot", a-t-il ajouté. "Il faut une réponse de cette nature-là pour que ceux qui cassent, ceux qui ont la volonté parfois de tuer, soient interdits de manifestation".

Créer un fichier pour les "casseurs" ? Une idée difficile à mettre en oeuvre et en tout cas contraire à "l'exercice de la liberté de manifestation" explique Serge Slama.

Pour le professeur de droit public à l'université Grenoble-Alpes, les seuls "précédents", c'était les fichiers sur les hooligans "mais c'était pour accéder à une enceinte fermée" (NDLR, les stades de football) alors qu'ici il s'agit d'accéder à la voie publique "et il n'y a aucun contrôle d'accès sur la voie publique à l'occasion des manifestations".

Voir l'interview de Serge Slama, au micro de Gilles Ragris.
 

 

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