Grenoble : avis de (grosse) tempête politique autour de l'avenir des piscines municipales

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Écrit par Isabelle Guyader
Piscine de plein air d'Echirolles dans l'agglomération de Grenoble
Piscine de plein air d'Echirolles dans l'agglomération de Grenoble © France 3 Alpes

"Les piscines sont des aberrations économiques et écologiques" : c'est ce propos de l'une des ajointes de la Ville de Grenoble qui a mis le feu aux poudres, lors d'une réunion de parents d'élèves. L'opposition est aussitôt montée au créneau, et les réactions se multiplient.

Pour comprendre la polémique qui enfle, il faut remonter au 8 novembre, lors d'une réunion du conseil des parents d'élèves de l’école maternelle Cornélie-Gémond, à Grenoble. Il y est question notamment de "l’impossibilité pour les élèves de se rendre à la piscine, par manque d’infrastructure".

Et dans le compte-rendu, un propos de l'adjointe en question, en l'occurrence Anne-Sophie Olmos, par ailleurs vice-présidente du cycle de l’eau à Grenoble-Alpes Métropole, fait bondir l'opposition de droite : "Les piscines sont des aberrations économiques, écologiques et sanitaires.”

Par communiqué et sur Twitter, désormais arène obligée, l'opposition de droite, emmenée par Alain Carignon monte au filet, dénonçant la "fin de l'apprentissage de la natation pour les petits Grenoblois" et attaque plus rudement en ces termes : "La malheureuse Olmos a ouvert un front qui tombe très mal pour Piolle. Aucun Rouge/Verts ne pouvait la démentir sur le fond, puisque c’est leur position, sauf qu’il ne faut pas le dire. Sur tous les dossiers sensibles, ils avancent masqués".

" La position des élus écologistes sur les piscines : une aberration de santé publique dangereuse pour nos concitoyens "

Michel Savin, sénateur LR de l’Isère, par ailleurs président du groupe d’études “pratiques sportives” au Sénat, est lui aussi sorti de ses gonds. "S’ils sont avérés, les propos de l’élue de Grenoble sur les piscines sont irresponsables alors que nous avons là un véritable enjeu de société", écrit l'élu dans un communiqué.

Et de citer ces chiffres : "Chaque année, nous déplorons un trop grand nombre de noyades. Ainsi, entre juin et septembre 2021, 1 983 noyades sont survenues en France dont 250 suivies de décès (22 %). 26 % de ces noyades concernaient les enfants âgés de moins de 6 ans".

"En remettant en cause les piscines publiques, estime-t-il, les élus écologistes montrent leur égarement idéologique, oubliant les enjeux de santé publique".

Non, il n’a jamais été question, pour la Ville de Grenoble, d’envisager de fermer les piscines municipales

Céline Mennetier, adjointe aux sports à la mairie de Grenoble

Pour faire suite à la polémique, la municipalité d’Éric Piolle se défend le jeudi 25 novembre, par un communiqué signé cette fois par Céline Mennetrier, adjointe aux Sports. “J’ai découvert les rumeurs propagées par un groupe de l’opposition municipale. Je tiens ici à rétablir les faits. Non, il n’a jamais été question, pour la Ville de Grenoble, d’envisager de  fermer les piscines municipales, ou de priver les écolières et écoliers de notre ville de l’essentiel apprentissage de la nage (...) C’est même le contraire : les Grenobloises et Grenoblois ont choisi le projet qui vise à renforcer le service public, l’accès aux points d’eau et à la fraîcheur, en ville. Ce défi est essentiel au moment où nous savons que notre territoire connaîtra plusieurs mois de canicule dans les prochaines décennies. C’est ainsi que la Ville de Grenoble travaille à rendre baignable le lac de la Villeneuve", peut-on lire dans ce communiqué.

Quant à l'élue par laquelle la tempête est arrivée, elle fait faire des exercices de respiration, et tâche de sortir le débat du fond de la piscine.

 

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