Grenoble : une cinquantaine de mal-logés occupent des appartements vides pour réclamer à la ville un "logement décent"

Des appartements du quartier de l'Abbaye, à Grenoble, sont occupés par une cinquantaine de personnes sans domicile ou mal-logés qui réclament des solutions de relogement "décentes". Le gestionnaire du bâtiment vient de couper l'électricité, l'eau et le chauffage collectif.

Un rassemblement de personnes mal-logées était organisé par le DAL 38 jeudi 17 décembre 2020 devant la mairie de Grenoble.
Un rassemblement de personnes mal-logées était organisé par le DAL 38 jeudi 17 décembre 2020 devant la mairie de Grenoble. © DAL 38 / Facebook

Une cinquantaine de personnes "dont des femmes seules et des enfants de 3 ans" occupent depuis une semaine des appartements vacants du quartier de l'Abbaye à Grenoble. Elles réclament à la municipalité écologiste des "solutions décentes" de relogement.

Les occupants, sans domicile ou mal-logés, ont investi les lieux le 9 décembre. Mais le bailleur social Actis, gestionnaire du bâtiment jusqu'en fin d'année, vient de couper l'électricité, l'eau et le chauffage collectif. La ville de Grenoble explique dans un communiqué que "les fluides du bâtiment (...) doivent être coupés avant la fin de l'année" en vue d'un changement de gestionnaire.

Une "abjection" alors que "nous sommes toujours en état d’urgence sanitaire et que l’épidémie connaît un nouveau rebond" pour le collectif Droit au logement (DAL). L'un de ses militants, Raphaël Beth, accuse la municipalité d'avoir sciemment fait couper les fluides du bâtiment pour "punir" les associations et les occupants "car elle estime qu'on est de mauvaise foi sur le relogement".

 

Réhabilitation du bâtiment

Ces derniers ont obtenu de la mairie qu'il n'y ait pas d'expulsion immédiate, mais refusent d'être redirigés vers les places vacantes du dispositif d'hébergement hivernal, jugeant cette proposition "dégradante""On ne squatte pas pour le plaisir, mais pour obtenir des solutions décentes. Ils préfèrent se mettre à la rue plutôt que d'intégrer le dispositif hivernal, par lequel certains sont déjà passés", souligne Raphaël Beth.

Il déplore par ailleurs "l'écart" entre "l'ambition présidentielle très marquée à gauche" du maire écologiste Éric Piolle et son "manque d'efforts sur le terrain". Le bâtiment occupé, situé place Laurent-Bonnevay, doit faire l'objet d'une réhabilitation "dès que les sources de financement auront été identifiées et les études techniques et architecturales menées", selon la ville de Grenoble.

Elle regrette que "seule une délégation du DAL 38" se soit présentée vendredi devant les travailleurs sociaux lorsque ceux-ci se sont rendus sur place pour "procéder au diagnostic social des ménages et faire le point sur l'ensemble de leurs dossiers".

Toujours par voie de communiqué, la municipalité alerte "sur l'importance de libérer rapidement les lieux, 100% des coûts liés à cette occupation pesant sur le bailleur social" qui gère le bâtiment, "alors que, dans le même temps, des places sont disponibles dans les hébergements d'urgence mis en place par l'État". De son côté, le DAL demande la réquisition de biens vacants pour reloger les occupants, dénonçant les "conditions de vie catastrophiques" dans les structures d'hébergement hivernal.

 

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