Des chercheurs étudient comment le sable du Sahara va accélérer la fonte du manteau neigeux dans les Alpes

Des chercheurs se penchent sur l'impact du sable du Sahara sur le manteau neigeux. Une pellicule orange avait saupoudré les reliefs alpins ce week-end. Bien que recouverte, ses impacts risquent de durer dans le temps.

Les Alpes se sont réveillées samedi matin dans une atmosphère quasi-lunaire. Un ciel de science-fiction dont émanait une lumière jaune-orangée. Des Gets à l'Alpe d'Huez, du Collet d'Allevard à Annecy, ce phénomène a provoqué une avalanche de publications sur les réseaux sociaux.

Et c'est sur les montagnes que le souffle du désert a été le plus spectaculaire, transformant la neige en or sous l'effet du sable saharien. Cet épisode de dépôt de poussières sahariennes n'est pas sans conséquences sur le manteau neigeux. Les scientifiques de Toulouse et de Grenoble travaillent sur ce phénomène pour en cerner les conséquences.

Car outre le ton orangé qu'elles donnent à la neige, les poussières du Sahara ont un impact sur le manteau neigeux. "Elles font que la neige absorbe plus d'énergie et elle va fondre beaucoup plus vite. Ces poussières vont avoir tendance à raccourcir la durée d'enneigement ce qui, en cascade, va avoir des conséquences sur le moment où l'eau va être disponible pour les barrages, l'agriculture, etc. Ca va aussi avoir des impacts sur la température du sol et les écosystèmes", explique à France 3 Alpes Marie Dumont, directrice du centre d'études de la neige pour Météo France et le CNRS à Saint-Martin-d'Hères (Isère).

 

Pollution, biodiversité...

Depuis l'arrivée du sable saharien ce week-end, de nouvelles précipitations neigeuses ont recouvert la couche orangée. Même si elle n'est plus visible, celle-ci n'a pas disparu pour autant. "A un moment dans la saison, cette poussière va ressortir et tant qu'elle va rester en surface, elle aura un impact", complète la chercheuse. Les chercheurs demandent d'ailleurs aux promeneurs de prélever un échantillon de sable orangé pour les aider à étudier cet événement.

Il a notamment eu pour effet de dégrader la qualité de l'air à Lyon et dans la région. "Ces nuages de poussières ont apporté avec eux de hauts niveaux de concentrations de particules PM10", nous expliquait Mark Parrington, scientifique chez Copernicus.

Ce phénomène météorologique s'est montré particulièrement intense et précoce dans la saison le week-end passé, mais il ne date pas d'hier et n'est pas forcément lié au changement climatique. "C'est très dur de lier un événement isolé au réchauffement climatique, estime Marie Dumont. On étudie les tendances de ces dépôts sur ces dernières années et pour l'instant, on n'a pas vraiment de réponse (...) Ces dépôts arrivent tous les ans, ils sont plus ou moins forts donc on les voit plus ou moins, mais ça arrive tous les hivers."

C'est en revanche les dépôts de polluants sur le manteau neigeux qui préoccupent le plus les chercheurs. "La pollution a le même effet que ces poussières sauf qu'elle est noire au lieu d'être orange. En général, elle est en quantité moindre donc moins visible (...) mais c'est elle qui, dans les Alpes, a l'impact le plus fort", ajoute-t-elle.

 

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