Grenoble : ils lancent un projet de "giga-fabrique" de batteries made in France

Verkor, une nouvelle entreprise basée à Grenoble, a dévoilé mercredi son ambition de lancer une "giga-fabrique" de batteries pour véhicules électriques en France. L'idée est de relocaliser la production alors que la demande de voitures électriques est en hausse.

Une entreprise grenobloise veut lancer la production de batteries made in France. (Illustration)
Une entreprise grenobloise veut lancer la production de batteries made in France. (Illustration) © Alexis Sciard / MAXPPP
Bientôt des batteries made in France pour les véhicules électriques ? C'est l'ambition de la toute nouvelle société Verkor qui veut ouvrir, d'ici à 2023, une "gigafactory" capable d'équiper quelque 300 000 voitures. L'entreprise basée à Grenoble a annoncé son projet mercredi 29 juillet, elle a notamment le soutien de Schneider Electric, de l'incubateur européen EIT InnoEnergy et du groupe Idec, acteur de l'immobilier.

L'usine de cellules de batteries, destinées aux véhicules et au stockage stationnaire, nécessitera 1,6 milliard d'euros d'investissements pour pouvoir démarrer, avec 2 000 emplois directs à la clé, a indiqué son président de directoire, Benoit Lemaignan. Des prospections sont en cours avec Idec pour trouver les 200 hectares du lieu d'implantation et il y a "des discussions actives dans trois régions".

"Il faut trouver des solutions en faveur d'une mobilité durable accessible à tous. Il y a une accélération de la demande de véhicules électriques, mais on continue d'importer les batteries d'Asie", ajoute Benoit Lemaignan, estimant qu'"il faut doter la France de capacités de production." Verkor ne se veut pas porteur de révolutions techniques : "L'idée est d'être le plus rapidement possible opérationnels", souligne l'entrepreneur, relevant que la France compte beaucoup de compétences, notamment dans l'électro-chimie.

 

"Faible empreinte carbone"


La production de batteries est très consommatrice d'énergie, notamment pour le raffinage des matières premières. En produisant en France, où l'électricité est largement d'origine non carbonée, "on peut produire une batterie à faible empreinte carbone", argue-t-il. L'empreinte CO2 serait trois à quatre fois inférieure à une batterie chinoise et avec une traçabilité sur l'origine des métaux.

Tout en cherchant son terrain, l'équipe, composée notamment d'anciens de Tesla, doit se structurer, valider ses choix techniques. Elle doit installer un premier site pilote d'ici la fin de l'année pour optimiser le mode de production avant le déclenchement de la phase d'investissements industriels.

L'entreprise vise d'abord une capacité de 16 GWh, avec l'objectif de 40 à 50 GWh d'ici à 2030. Schneider Electric, qui a une stratégie d'accompagnement des secteurs émergents, précise qu'elle apportera son expertise dans la mise en place des opérations et l'approvisionnement.

A l'appui de son projet, Verkor regarde du côté du modèle Northvolt, producteur suédois fondé en 2016 qui aujourd'hui produit notamment pour Volkswagen. En France, PSA et Saft, filiale de Total, ont de leur côté lancé une société conjointe (ACC) afin de produire des batteries pour véhicules électriques d'ici à 2023.

 
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