Grenoble : oiseaux, moutons, lapins et autres petites bêtes... Le campus universitaire joue la carte de la biodiversité

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Écrit par A.B avec AFP
Les chèvres, arrivées en 2010 sur le campus, sont devenues les coqueluches des étudiants.
Les chèvres, arrivées en 2010 sur le campus, sont devenues les coqueluches des étudiants. © Flickr

L'Université de Grenoble envisage de faire venir des moutons sur son campus, l'été prochain, pour développer le pâturage urbain. Des chèvres, des oiseaux, des furets et d'autres animaux s'épanouissent déjà parmi les étudiants.

Décidée à "jouer la carte de la biodiversité", l'Université de Grenoble, transforme son campus en refuge pour oiseaux et envisage de se transformer en pâturage urbain dès l'été prochain. Des moutons sont en effet attendus pour tondre les pelouses du campus.

Bâti ex-nihilo dans les années 60 sur une zone de cultures maraîchères, le vaste campus à l'américaine est doté de grands espaces verts lovés dans des boucles de l'Isère, où il accueille actuellement quelque 42 000 usagers à l'année.

"L'université a un champ d'action considérable avec ce territoire dont elle a la totale maîtrise et où elle peut s'affranchir de toute considération d'embellissement. On peut vraiment pousser l'exercice de laboratoire de la diversité extrêmement loin, on a très peu de contraintes", explique à l'AFP le directeur de l'aménagement de l'Université Grenoble-Alpes (UNGA), Jean-François Vaillant.

Un immense refuge pour les oiseaux

L'UNGA a sollicité la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) pour l'aider à conduire un inventaire systématique de sa faune et de sa flore. L'objectif est de disposer "de chiffres et observations faites par des spécialistes", puis de former des étudiants aux techniques d'inventaire et d'intégrer ce thème au cursus de certaines filières comme la biologie.

De fil en aiguille, le campus est devenu cet été un "refuge LPO", pour une convention de cinq ans. Créée voilà un siècle, cette labellisation, initialement dédiée aux particuliers puis étendue aux collectivités et entreprises, désigne un espace - parc, jardin ou simple balcon - où la faune de proximité, "la plus menacée", est protégée. Le propriétaire doit seulement s'engager à certains aménagements comme l'implantation d'abris pour les petits animaux et de certaines plantes et arbustes.

Avec ses 180 hectares, le campus est désormais le plus vaste refuge LPO labellisé du département.

Furets et blaireaux

Le campus abrite déjà des renards, blaireaux, furets et lapins mais aussi des espèces "peu communes" comme la huppe fasciée, le loriot d'Europe et le triton palmé, selon la LPO.

Il va désormais progressivement perdre ses pelouses tondues de manière classique au profit de prairies de différents types ou de zones arbustives. Des lieux de nidification, balles de foin ou haies mortes en déchets végétaux seront constitués.

Il y avait des prédateurs 'bipèdes' pas forcément bienveillants.

Jean-François Vaillant, directeur de l'aménagement de l'Université Grenoble-Alpes.

"Au début, la création de prairies était un peu spontanément considérée comme un défaut d'entretien", ce qui a suscité de l'incompréhension, relate Jean-François Vaillant. Mais les étudiants sont "extrêmement réceptifs à ce type de démarche et inversement ils sont peu réceptifs aux petites fleurs, plates-bandes. (...) Au contraire, on sent même une attente" de leur part, souligne-t-il.

Le campus n'en est d'ailleurs pas à son coup d'essai en matière de tonte écologique. Il avait acquis dans les années 2010 une douzaine de chèvres pour débroussailler les berges de la rivière. Mais l'expérience n'a pas abouti : "Il y avait des prédateurs 'bipèdes' pas forcément bienveillants", explique le directeur de l'aménagement. Les chèvres paissent à présent en enclos au centre du campus, et sont devenues la coqueluche des étudiants.

L'éco-pâturage devrait néanmoins reprendre l'année prochaine, par l'entremise cette fois d'un prestataire de services, Terideal, propriétaire d'un cheptel de 1 200 moutons et chèvres. "Nous ferons venir un troupeau de moutons et regarderons ce qui se passe, comment il travaille, quels sont éventuellement les problèmes que ça génère. On va y aller progressivement", explique Jean-François Vaillant.

Caroline, 34 ans, dit avoir croisé des écureuils et même un renardeau en promenant son chien sur le campus et trouve "génial de vouloir utiliser des bêtes plutôt que des débroussailleuses". "Grenoble est si caniculaire l'été : rendre tout plus vert, je dis oui", conclut-elle.

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