• FAITS DIVERS
  • SOCIÉTÉ
  • DÉCOUVERTE
  • ECONOMIE
  • CULTURE
  • SPORT

Grenoble : victimes de vols, de violences... un “point d'information pour comprendre le monde judiciaire”

L'association possède un bureau d'Aide aux victimes au sein du palais de Justice. / © A.A. / France 3 Alpes
L'association possède un bureau d'Aide aux victimes au sein du palais de Justice. / © A.A. / France 3 Alpes

L'association Aide information aux victimes, à Grenoble, informe et accompagne toute personne qui s'estime victime, sur le plan juridique comme psychologique. En 2018, près de 3 500 personnes ont été prises en charge par la structure.

 

Par Aurélia Abdelbost

Une grande inspiration et les premiers mots sortent : "Par où commencer ?" Jean-Michel Sirand, juriste, reçoit dans son bureau une femme âgée de 63 ans qui affirme être victime de violences conjugales. Boulversée, elle finit par trouver les mots et déroule son histoire, sa souffrance. Arrive alors une question : "Où en est la plainte ?" Cette interrogation, le juriste l'entend très régulièrement. Il travaille pour l'association d'Aide information aux victimes (AIV) depuis dix ans et lors de sa permanence au palais de justice de Grenoble, il reçoit "toutes les personnes qui s'estiment victimes".

 

"Une image de la justice tirée d'une série TV"

"Je suis une sorte de point d'information pour les aider à comprendre ce qu'est le monde judiciaire, je leur présente ce qu'elles peuvent faire", explique-t-il. Là où un avocat a peu de temps et utilise des termes techniques, Jean-Michel Sirand est à l'écoute. "Je prends la victime dans toute sa globalité, souvent il y a toute une histoire, une souffrance et leur attente n'est pas que juridique", explique-t-il. 

Pour une grande majorité des personnes, le domaine judiciaire et ses procédures sont très méconnues. "Il y a un décalage entre la souffrance de la personne qui veut que son agresseur soit puni et le factuel du juridique", indique Jean-Michel Sirand. "Souvent la victime a une image de la justice tirée d'une série TV mais la réponse judiciaire ne va pas aussi vite, ce n'est pas Superman", fait remarquer le juriste qui préfère parler d'"administration judiciaire" que de "justice". Il faut du temps et des preuves. 

 

"Je n'aurais pas dû faire ça"

L'accompagnement juridique n'est parfois pas suffisant, intervient alors Justine Blaison, l'une des psychologues de l'association. Elle reçoit les victimes sur rendez-vous, qu'il y ait une plainte ou non. Il lui arrive même d'accompagner les personnes au procès pour les aider à gérer leur stress. Mais parfois, il faut déjà faire prendre conscience aux personnes qu'elles sont victimes. 

"Certaines personnes ont du mal à venir nous voir, parce qu'elles pensent que ce n'est pas assez grave, parce qu'elle ne se sentent pas légitimes ou parfois par culpabilité. Par exemple, une victime d'usurpation d'identité se sentait coupable d'avoir donné ses papiers. Elles se disent : je n'aurais pas dû faire ça ou j'aurais dû fuir", raconte la psychologue spécialisée en victimologie et en psychocriminologie. Les psychologues de l'AIV reçoivent gratuitement et sans limite d'âge. Elles peuvent proposer jusqu'à cinq entretiens, sauf exception. 

 

3 500 personnes/an

En plus des juristes et des psychologues, des travailleurs sociaux travaillent au sein de l'association et ils reçoivent tous gratuitement. "Nous jouons le rôle de facilitateurs, car on dit que c'est un parcours du combattant pour les malades mais c'est aussi le cas pour les victimes", souligne Jérôme Boulet, directeur de l'association. L'AIV existe depuis plus de 35 ans. En 2018, les 12 salariés de l'association principalement financée par le ministère de la Justice ont pris en charge près de 3 500 personnes et ont réalisé plus de 5 000 entretiens. Une psychologue a même été embauchée dernièrement, ce qui permet de réduire les délais d'attente pour avoir un rendez-vous.

"C'est un volume de prise en charge important mais des personnes ont encore besoin de nous trouver", pointe du doigt le directeur. Dans le ressort du tribunal de grande instance de Grenoble, "90 000 plaintes sont déposées chaque année".

 

21 points de permanence

Les professionnels de l'AIV travaillent en collaboration avec les policiers, les gendarmes, le barreau de Grenoble mais aussi avec des acteurs de la santé et du monde associatif. Ils aident les victimes, principalement dans le cas d'infractions pénales, à se "réapproprier leur quotidien et faire les démarches", comme le souligne le directeur.

Des permanences sont organisées au palais de justice mais aussi dans les bureaux de police, de gendarmeries... Au total, les membres de l'AIV se déplacent dans 21 points situés dans plusieurs communes comme Grenoble, Echirolles ou Voiron.
 

Informations pratiques

Aide Information Victimes 
Téléphone : 04 76 46 27 37
Email : secretariat.aiv@orange.fr
Adresse : 26 Rue Colonel Dumont 38000 Grenoble

Permanence au palais de justice de Grenoble
Tous les jours de 9h00 à 12h00 et 13h30 à 17h00 sauf le lundi matin de 10h30 à 12h00.
Téléphone : 04.38.21.23.61

Permanences à Grenoble, Echirolles, Fontaine, Saint-Martin-d'Hères, Pont-de-Claix, Saint-Marcellin, Voiron, Eybens, La Mure, Pontchara, Saint-Egreve, Saint-Ismier, Seyssinet, Vizille, Meylan et Voiron.

 

Sur le même sujet

Intempéries à Vichy : des dégats sur le patrimoine arboré

Les + Lus