Handicap : Chloé, tétraplégique et étudiante à Sciences Po Grenoble, en appelle à l'Etat

Publié le Mis à jour le
Écrit par T.H. avec Renaud Gardette et Martin Cauwel

Chloé a 21 ans, elle est tétraplégique de naissance. Après son bac mention très bien, elle a été admise à Sciences Po Grenoble. Un parcours hors normes et exemplaire confronté à un problème majeur : l'Etat arrête de financer les auxiliaires de vie pour les études supérieures.

Au premier rang de l'amphithéâtre, Chloé écoute avec attention le cours de droit public et international. Déjà du haut niveau, pour ces étudiants en première année. A 21 ans, Chloé est tétraplégique de naissance. Elle a intégré Sciences Po Grenoble cette année, après son bac obtenu avec la mention très bien en 2019. 

 

A ses côtés, Aziza Zibouche, son auxiliaire de vie depuis le lycée. C'est grâce à elle, que Chloé peut suivre des études supérieures. Une complicité hors normes, nécessaire pour gérer tout le quotidien, même pendant les études, et pas uniquement pour les transports. "Je suis ses bras, sa voix, je sers d'intermédiaire, je l'habille, je lui donne à boire. Je suis un petit peu tout pour elle", explique l'accompagnante.



Sauf qu'après le bac, les aides de l'Etat s'arrêtent. Le foyer de Chloé est pris en charge, mais son auxiliaire de vie est payée par ses parents 25 000 euros par an. Pour cette année, une solution a été trouvée par la fondation Sciences Po, mais il va falloir renouveler ces recherches tous les ans.

 

Chloé demande l'aide des pouvoirs publics



"Ce qui n'est pas logique, c'est de se dire que toutes ces années, Chloé a bénéficié d'auxiliaires de vie, et le fait de faire des études supérieures, elle n'en a plus besoin, s'étonne Valérie Fonvielle, la mère de Chloé. Donc soit ça voulait dire que ça ne servait à rien, soit il y a un problème pour pouvoir suivre des études supérieures."

 

Incapable de parler à voix haute, Chloé utilise un clavier numérique adapté qu'elle manœuvre avec sa bouche, et peut ainsi écrire sur un écran. "Dans ma logique, ce n'est pas à Sciences-Po de trouver des financements, ni à nous, précise-t-elle. Ca devrait être les pouvoirs publics.



En deuxième année, les étudiants de Sciences Po partent normalement à l'étranger. Chloé espère bien trouver une solution pour ce nouveau défi.
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