"Il faut en parler" : les conseils d’une urologue face au tabou de l’incontinence urinaire

Selon l’Assurance Maladie, plus de 2,5 millions de personnes souffriraient d’incontinence urinaire en France. Pour lutter contre ce trouble fréquent et pourtant tabou, le CHU Grenoble-Alpes organise une journée d’information destinée au grand public, ce mardi 19 mars 2024. Causes, pathologies, solutions... Caroline Thuillier, chirurgienne urologue, répond aux questions de France 3 Alpes.

L’incontinence urinaire - ou fuites urinaires – est définie par l’Assurance-maladie comme "la perte involontaire des urines par l’urètre". Cette pathologie, qui touche les femmes et les hommes, survient "durant l’effort ou suite à un besoin irrépressible d’uriner" et peut gâcher la vie des personnes concernées. Pour briser le tabou qui existe autour de cette pathologie, le docteur Caroline Thuillier, chirurgienne urologue au CHU Grenoble-Alpes, répond aux questions de France 3 Alpes.

Quelles sont les causes de l’incontinence ?

Caroline Thuillier : De nombreux facteurs existent. Ce n’est pas seulement une question d’âge, cela peut être dû à la grossesse, au tabagisme, au surpoids ou encore à la sédentarité. Des facteurs familiaux peuvent également conduire à l’incontinence. Pour déterminer les causes, il faut en parler à votre médecin généraliste en premier lieu. Ce n’est absolument pas normal d’avoir de l’incontinence.

Que se passe-t-il ensuite ?

Caroline Thuillier : Tout d’abord, l’examen clinique va permettre de poser un diagnostic, car il y a différents types d’incontinence ainsi que différents niveaux de sévérité.

Ensuite, des questionnaires standardisés, nationaux et internationaux, vont permettre d’établir des chiffres concernant l’incontinence.

Il existe aussi le calendrier mictionnel où le patient note, pendant trois jours et trois nuits, l’heure et le volume de chacune de ces mictions ce qui nous permet d’obtenir des informations et de décider des premières lignes de traitement en vue de la guérison.

Quels sont les outils dont dispose la médecine pour faire face à cette pathologie ?

Caroline Thuillier : Le patient peut être dirigé vers des kinésithérapeutes ou des sages-femmes spécialisés dans la rééducation du périnée. Il existe aussi le traitement de la constipation, le traitement du tabagisme, la reprise d’une activité sportive ; en effet, on n’arrête pas le sport parce qu’on a des fuites, au contraire ! Pour les femmes, il y a également des ostéogènes locaux à mettre au niveau vaginal et qui traitent beaucoup de choses ou encore des dispositifs de tampons vaginaux qui permettent d’améliorer les symptômes voire de les guérir.

Une journée d'information destinée au grand public

D’autres traitements médicaux existent. Pour les découvrir et échanger avec des professionnels de santé, une journée d’information est organisée ce mardi 19 mars au CHU Grenoble-Alpes, de 10 heures à 15 heures à l’Hôpital Michallon – Hall Vercors.

"Le délai de prise en charge entre les premiers symptômes et le premier traitement entrepris est en moyenne de 7 ans. L’idée est que toutes les personnes concernées et intéressées puissent venir rencontrer les spécialistes, découvrir les traitements qui permettent une amélioration rapide", conclut Caroline Thuillier.

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