Isère : 61 victimes d'abus sexuels dans l'Eglise, "c’est très lourd de découvrir l’ampleur du désastre" réagit l'évêque

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Écrit par Joane Meriot avec Olivia Boisson

Après deux ans et demi d'enquête, la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église a rendu mardi son rapport. En Isère, 61 victimes sont concernées. En conférence de presse ce mercredi 6 octobre, l'évêque du diocèse s'est dit "sous le choc de découvrir l'ampleur du désastre"

Après deux ans et demi d’enquête, la commission indépendante sur les violences sexuelles et la pédocriminalité au sein de l'Église catholique de France a rendu ce mardi 5 octobre son rapport. Elle a estimé à 216.000 le nombre de mineurs victimes de prêtres, diacres et religieux depuis 1950. Ce nombre grimpe même à 330.000 si l'on ajoute les personnes agressées par des laïcs travaillant dans des institutions de l'Église.

Des chiffres accablants auxquels a réagi ce matin Monseigneur Guy de Kerimel, évêque du diocèse de Grenoble-Vienne depuis 2006. 

Je suis sous le choc, c’est très lourd pour nous de découvrir l’ampleur du désastre.

Guy de Kerimel, évêque du diocèse de Grenoble-Vienne


61 victimes concernées mais peut-être plus...

Au sein du diocèse de Grenoble-Vienne, 43 abuseurs sont concernés dont 30 prêtres, 1 diacre, 10 religieux, et 2 laïcs. « Près de la moitié des faits se sont produits dans les années 1950/70, » selon l’évêque. Concernant les victimes de ces abus, depuis 1950, on en dénombre une soixantaine en Isère, mais impossible de savoir combien elles sont réellement : « Les victimes nous ont dit, il y a certainement eu d’autres personnes que moi. Et donc aujourd’hui, nous ne savons pas le nombre de victimes d’abus sexuels par des prêtres et des gens d’églises. » Avant d’ajouter : « Aujourd’hui, je me réjouis de ce travail de vérité, même s'il y a encore un travail important à faire pour éradiquer ce mal. »



Cellule d’écoute

Pour accompagner au mieux les victimes, une cellule d’écoute a été mise en place en 2016 au sein du diocèse de Grenoble-Vienne. Marie-Françoise Guihard est psychanalyste et membre de la cellule d’écoute, c’est elle qui répond au téléphone : « C’est très difficile pour les personnes de venir parler à la cellule d’écoute et il y a encore énormément de personnes qui sont dans l’impossibilité de parler. Les chiffres de Sauvé hier nous ont marqués et oui nous nous attendons à avoir plus de personnes qui viennent témoigner. »

Aujourd'hui, elle appelle les victimes à parler : "La parole rend libre! La vérité rend libre!", a t-elle clamé lors de la conférence de presse. 

Depuis 2016, 30 victimes se sont fait connaître au sein de la cellule d’écoute. Les affaires révélées par cette cellule concernent 24 prêtres, 4 laïcs et 2 supérieures hiérarchiques, qui sont des femmes. Mais la majorité de ces personnes est aujourd’hui décédée.



Une indemnisation des victimes ?

Concernant une éventuelle indemnisation des victimes, l’évêque appelle l’église à la générosité, car ni l’argent de la quête ni du denier ne peut être redistribué : « La loi interdit de distribuer l’argent du culte à des personnes pour aider des gens en difficulté, explique monseigneur Guy de Kerimel, les évêques et les prêtres sont donc invités à participer à l’indemnisation, mais nous faisons aussi appel à la générosité de ceux qui le veulent bien. » 

 

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