• FAITS DIVERS
  • SOCIÉTÉ
  • DÉCOUVERTE
  • ECONOMIE
  • CULTURE
  • SPORT

Léonard de Vinci : comment le synchrotron de Grenoble a percé l'un des mystères de la Joconde

Le "sfumato" de Léonard de Vinci : jusqu'à 30 couches fines de vernis pour donner cet aspect "vaporeux" à la Joconde. / © V.Solé/ESRF.
Le "sfumato" de Léonard de Vinci : jusqu'à 30 couches fines de vernis pour donner cet aspect "vaporeux" à la Joconde. / © V.Solé/ESRF.

Alors que l'on célèbre les 500 ans de la mort de Léonard de Vinci, on se souvient que le synchrotron de Grenoble avait réussi à percer l'un des mystères de la Joconde. Les rayons ultra-puissants de l'équipement grenoblois avaient permis de mieux comprendre la fameuse technique du "sfumato".

Par Yann Gonon

Comment expliquer le flou qui caractérise les portraits de Léonard de Vinci ? C'est ce qu'a permis de mieux comprendre le synchrotron de Grenoble qui a notamment analysé la Joconde, le tableau le plus connu du maître italien.

L'étude remonte à 2010 mais elle est à nouveau mise en avant à l'occasion des 500 ans de la mort de Léonard de Vinci. Elle avait été publiée à l'époque dans le revue Angewandte Chemie International Edition.
 

Un aspect "vaporeux" à ses peintures


C'est la technique du "sfumato", qui permet à Léonard de Vinci de donner "cet aspect vaporeux à ses peintures, d'estomper les contours et de fondre les ombres comme une fumée", que les scientifiques ont cherché à mieux comprendre. Des chercheurs du Laboratoire du centre de recherche et de restauration des musées de France, du CNRS, du Synchrotron Européen de Grenoble et du Musée du Louvre se sont associés et ont analysé 7 tableaux attribués au peintre italien : l'Annonciation, La Vierge aux rochers, La Belle Ferronnière, Saint Anne, la Vierge et l'Enfant, Saint Jean-Baptiste, Bacchus et la célèbre Joconde.

Pour mener à bien leurs recherches, les scientifiques ont utilisé un "appareil de spectrométrie de fluorescence X portable et un logiciel de simulation développé par Armando Solé, chercheur au synchrotron de Grenoble (ESRF), qui a fourni  une nouvelle méthode d'analyse quantitative des tableaux, à partir de mesures réalisées sous fluorescence X".
 

30 couches fines de vernis


Et c'est donc le mystère de cet art du "Sfumato" qui a été percé. Pour obtenir cet effet "de flou", Léonard de Vinci était ainsi capable d'appliquer sur ses tableaux jusqu'à 30 couches fines de vernis. Des couches mesurant de 1 à 2 microns, soit la moitié de l'épaisseur d'un cheveu humain, pour une épaisseur totale ne dépassant pas 30 à 40 microns.

La technique du "sfumato" a été mise au point par Léonard de Vinci et la Joconde est sans doute le tableau le plus emblématique de cette façon de peindre. Mais d'autres peintres l'ont également utilisées comme Le Corrège, Titien ou encore Pierre-Paul Prud’hon, explique le site spécialisé "Techniques de peintures".

Plus récemment, le synchrotron avait permis de percer un autre mystère : celui de la technique dite “d’empâtement” de Rembrandt, une technique utilisée par le peintre pour donner du relief à ses tableaux.
 

Sur le même sujet

Des témoins encore sous le choc au lendemain de l'attaque de Villeurbanne

Les + Lus