Les fortes pluies de cet hiver ont-elles permis de recharger les nappes phréatiques dans les Alpes ?

La période de recharge des nappes phréatiques a lieu durant l'hiver et se termine généralement en mai. Cette année, les niveaux d'eau des nappes alpines sont supérieurs à la moyenne. Une évolution positive compte tenu de la situation préoccupante d'il y a un an.

Enfin une bonne nouvelle ! Les pluies de cet hiver ont rechargé considérablement les nappes phréatiques de la Haute-Savoie, de la Savoie et de l'Isère. Depuis janvier, elles ont retrouvé un "niveau haut" selon les bulletins mensuels du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM).

Pour établir cet indicateur, le BRGM compare depuis plus de 15 ans le mois en cours avec les mêmes mois des années précédentes.

Depuis le début de l'année 2024, environ 55 jours de précipitations et 390mm de pluie ont été relevés en Savoie, selon Météo France. Il ne s'agit que d'un retour à un niveau de rechargement normal des nappes phréatiques mais qui constitue une évolution positive compte tenu de la sécheresse historique de l'hiver dernier.

L'hiver est une période cruciale pour le rechargement des nappes phréatiques. Celles-ci se remplissent principalement entre septembre et mars. Cette année, la recharge des nappes a commencé tardivement, à partir de fin octobre.

Cette phase de recharge est importante, à la fois pour aider la bonne reprise de la végétation au printemps mais aussi pour limiter les vagues de chaleur estivales. "En ce moment, les sols sont humides, ce qui est de bon augure pour la végétation" confirme Thomas Condom, hydro-glaciologue à l'Institut des géosciences de l'environnement de Grenoble.

Cette année, cette période de recharge semble s'achever tardivement, selon les estimations du BRGM. D'ordinaire, les nappes se vident petit à petit dès le mois d'avril. En raison des dernières pluies, cette vidange commencerait avec un mois de retard cette année. À partir de maintenant, les pluies deviennent peu efficaces pour recharger des nappes car une grande partie est captée par la végétation.

Vers un été sans sécheresse ?

"Pour nos régions, on a de bonnes bases pour commencer la situation estivale" avance Thomas Condom. L'hygro-glaciologue reste toutefois nuancé. Cette recharge excédentaire en eau ne concerne pas toute la France et une sécheresse reste toute de même possible dans les Alpes cet été.

Une fois la fonte des neiges passée, les rivières alpines se rechargent essentiellement grâce aux précipitations estivales, or, depuis plusieurs années, celles-ci tendent à être moins nombreuses et les prévisions saisonnières de Météo-France sur la période de mai à juillet anticipent des températures plus élevées que la normale sur l’ensemble du territoire. 

Bonne nouvelle pour les glaciers ?

En altitude, les pluies de cet hiver se sont soldées par un plus fort enneigement que les années précédentes. Au-delà de 2 300 mètres d'altitude, le stock de neige est supérieur à la normale, selon l'hydro-glaciologue grenoblois Thomas Condom, ce qui pourrait favoriser la reconstitution de certains glaciers.

Là encore prudence car il ne s'agit que d'un bilan intermédiaire pour les plus hauts sommets. Pour connaître les conséquences réelles de cet enneigement sur les glaciers, il faut, là encore, attendre la fin de l'été.

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