Menace de mort et jets de projectiles : les conducteurs des trams et bus de Grenoble alertent leur direction après de nouvelles agressions

Après une série de violences relevées dans les transports en commun de Grenoble ces derniers jours, le Syndicat du Transport de la M Tag a souhaité alerter sa direction, ce dimanche 19 mai. L'organisation syndicale fait notamment état d'un "danger grave et imminent" pour ses agents.

Après une série d'agressions ces dernières semaines, le Syndicat du Transport (ST) de la M Tag, société des transports en commun de Grenoble, a émis un droit d'alerte à destination de sa direction, ce dimanche 19 mai.

Dans un courrier publié ce dimanche, l'organisation syndicale relève des "manquements manifestes" qui, selon elle, porte sur des "dangers graves et imminents" et sur une "atteinte au droit des personnes".

Pour le Syndicat du Transport, la direction "est tenue d'informer les représentants syndicaux lors de méfaits sur notre réseau or, force est de constater que de trop nombreux faits nous sont cachés et représentent un délit d'entrave, et non signalés aux agents sur le terrain".

Dans ce courrier, le syndicat liste ensuite de nombreux faits qui ont eu lieu ces derniers jours : jets de projectiles, agression au laser, menace de mort avec un couteau... Parmi, ces agressions, ce dimanche 19 mai, à l'arrêt Arlequin sur la ligne A, "un homme cagoulé est venu jusqu'à la loge par l'extérieur et a pointé une arme de poing en direction du visage de l'agent, a rigolé puis est parti en courant".

Davantage de sécurité demandée

Vendredi 17 mai, un bus de la Tag avait également été ciblé par une bille en acier alors qu'il circulait sur la commune d'Echirolles. L'unique passager du véhicule avait été évacué indemne avant que le bus ne soit rapatrié au dépôt en urgence.

Fin avril, un autre bus de la Tag avait été visé par plusieurs tirs d'arme à feu, toujours sur la commune d'Echirolles. Le conducteur du véhicule se trouvait à l'intérieur du véhicule, mais s'en était sorti sain et sauf. Les auteurs des coups de feu n'avaient pas été interpellés.

"On demande une présence policière supplémentaire, pas seulement dans les transports et aux abords des arrêts, mais bien dans tout l'espace public pour faire preuve de dissuasion. Nous n'avons pas constaté une présence policière plus importante qu'avant, après ce qu'il s'est passé en avril. Mais on nous a annoncé des renforts supplémentaires en septembre, après les JO de Paris", avait expliqué Fernando Martins, délégué syndical FO.

Selon lui, le sentiment d'insécurité grandit au sein des conducteurs de la Tag, "même si Grenoble n'est pas un cas isolé en ce qui concerne ces violences", a-t-il nuancé.

Vers une enquête interne ?

"Au vu de la multiplication des faits graves ces dernières semaines sur notre réseau, en tant que syndicat veillant à la sécurité, nous ne pouvons rester sourds aux craintes légitimes des agents ces derniers jours et craignons que le pire puisse subvenir dans un futur proche", explique le Syndicat du Transport dans son communiqué, avant de rappeler que "l'employeur est tenu au principe d'obligation de sécurité et de résultat".

Le syndicat réitère ainsi sa demande d'"agents de sécurité pour rassurer agents et usagers à bord". Enfin, le Syndicat du Transport demande une "enquête interne" pour les faits concernant les atteintes aux droits des personnes, et sollicite un "CSE extraordinaire" pour aborder ces sujets.

Le droit d'alerte est l'une des attributions des membres du CSE. Ce droit d'alerte leur permet de demander des explications à l'employeur dans certaines situations. À noter que des effectifs supplémentaires devraient être accordés à la Brigade de sécurisation des transports en commun (BSTC) de la police nationale de Grenoble en septembre.

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