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Non, l'église Saint-Jacques de Grenoble n'a pas été incendiée volontairement en janvier

De nombreuses fausses allégations circulent sur l'incendie de l'église Saint-Jacques de Grenoble. / © Montage France 3
De nombreuses fausses allégations circulent sur l'incendie de l'église Saint-Jacques de Grenoble. / © Montage France 3

Un article de janvier, traitant de l'incendie d'une église à Grenoble, a été exhumé de notre site par des milliers d'internautes, ce vendredi. Problème : beaucoup pensent que les faits sont récents. D'autres doutent de la thèse de l'accident alors qu'elle a été confirmée par des expertises.

Par M.D.

L'incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris, lundi 15 avril, suscite émoi et questionnements sur les réseaux sociaux... mais aussi son lot de contre-vérités. Des centaines d'internautes évoquent le nombre de lieux de cultes chrétiens incendiés depuis le début de l'année en France, laissant entendre qu'il ne peut pas s'agir d'une coïncidence.

Pour appuyer leur argumentation, certains relayent notre article sur l'incendie de l'église Saint-Jacques de Grenoble. Rien que le vendredi 19 avril, il a été partagé des milliers de fois. Pour rappel, l'église a été entièrement détruite par le feu en janvier, seule la chapelle avait été épargnée.
 

"Tous ces actes sont bien entendu le fruit du plus pur des hasards", peut-on lire sur Twitter. "C'est drôle comme ce type d'accidents tend à se reproduire au cours de ces dernières années", renchérit un autre... Mais les experts qui ont rendu leur rapport au parquet de Grenoble, en charge de l'enquête, ne sont pas de cet avis.

Deux experts, l'un mandaté par les assurances et un second par la justice, ont conclu à "un incendie accidentel causé par un défaut électrique dans la charpente", rappelle le procureur de la République, Eric Vaillant. L'enquête est toujours en cours, mais rien n'indique qu'il s'agisse d'un acte criminel. D'ailleurs, dès le début des investigations, la piste accidentelle était privilégiée.
 

Attention également à la date de publication des articles lorsque vous les partagez. De nombreux internautes semblent croire que le sinistre est récent alors qu'il remonte au 17 janvier 2019, bien avant l'incendie de Notre-Dame. Une confusion entretenue par certaines pages Facebook, fortes d'une communauté de centaines de milliers d'abonnés.

 

Comment Facebook entretient la confusion


Il peut s'agir de pages au nom lambda : "Vigilance Responsabilité Santé", "Les Français en Révolte" ou encore "Les Sans-Dents". Mais pour l'essentiel, selon des statistiques établies à partir de nos données d'audience, ce sont des groupes de "gilets jaunes" et des pages revendiquées "identitaires", proches de l'extrême-droite. Leur point commun : elles sont toutes suivies par des centaines de milliers de personnes.

Exemple : la page "Macron Dégage", aimée par plus de 700 000 comptes, relaye la publication de Damoclès (association de "réinformation" proche de l'extrême-droite) autour de 15 heures, ce vendredi 19 avril. Deux heures plus tard, elle est partagée et commentée par des milliers de personnes, laissant la part-belle aux théories en tout genre.
 
© Capture d'écran Facebook
© Capture d'écran Facebook

"SOS Armée", "Ca se passe chez vous", "Valls Dégage", "Rassemblement National 09"... on retrouve un commentaire similaire à celui de Damoclès sur des dizaines de pages Facebook : "Un incendie a complètement détruit cette église de Grenoble en janvier. En aviez-vous entendu parler ?". Un indice qui pourrait laisser penser que toute ces entités sont en fait gérées par le même groupe de personnes, bien que rien ne permette de l'affirmer. Une enquête du Monde mettait en lumière un véritable marché des pages Facebook.

Plus leur communauté est importante, plus la page a de la valeur. Et certains auteurs ont racheté massivement des dizaines d'entre elles, profitant des nombreux abonnés pour diffuser leurs informations. Vous êtes-vous déjà étonné d'avoir suivi la page "J’ai écrasé un cornflakes, suis-je un céréale killer ?" en 2011 et de vous retrouver avec des publications de "100 % Insolites et Virales" dans votre fil Facebook ? Ne le soyez plus.
 
© Capture d'écran / Macron Dégage
© Capture d'écran / Macron Dégage

Souvent, lorsque des pages changent de propriétaire, leur nom est également modifié. Vous pouvez consulter l'historique des différentes appellations en vous rendant dans l'onglet "Infos & publicités". Pour exemple, la page "Macron Dégage" s'est appelée "Hollande Démission" puis "Hollande Dégage".

Pour "Patriotes contre Macron", c'était d'abord "Les français contre Macron" avant d'opter pour "Législative contre Macron". Le problème est le même pour les pages des "gilets jaunes" dont beaucoup ont en fait été créées... bien avant le début du mouvement du 17 novembre.

 

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David Kimelfeld

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