Isère : des spéléologues découvrent une grotte remplie d'ossements d'ours des cavernes, espèce éteinte depuis 25 000 ans

Quelque part dans le massif du Vercors, en Isère, des spéléologues ont découvert une grotte remplie d'ossements d'ours des cavernes. L'ursus spelaeus a disparu il y a environ 25 000 ans mais ces restes pourraient être beaucoup plus anciens.
Dans le massif du Vercors, des spéléologues ont extrait des ossements d'ours des cavernes d'une grotte dont le porche d'entrée s'est éboulé il y a des milliers d'années.
Dans le massif du Vercors, des spéléologues ont extrait des ossements d'ours des cavernes d'une grotte dont le porche d'entrée s'est éboulé il y a des milliers d'années. © Jean-Christophe Pain / France 3 Alpes

C'est une grotte dont l'entrée est scellée depuis des milliers d'années. Aux confins du massif du Vercors, en Isère, il faut se frayer un chemin au coeur de l'éboulis pour accéder à l'intérieur. Une salle sombre où des générations d'ours des cavernes ont hiverné. Beaucoup n'en sont jamais ressortis, morts pendant l'hivernation.

"Ca peut concerner des individus très âgés qui n'ont pas accumulé assez de réserves nutritives pour passer l'hiver parce qu'ils étaient trop faibles étant donné leur grand âge ; on peut également trouver des individus très jeunes, pas suffisamment expérimentés, qui eux aussi n'ont pas accumulé suffisamment de réserves", explique Christophe Griggo, paléontologue et archéozoologue, enseignant à l'université Grenoble-Alpes et chercheur au laboratoire CNRS Edytem (Environnements, dynamiques et territoires de montagne) de Savoie.

Un crâne d'ours des cavernes extirpé du sol dans une grotte du massif du Vercors.
Un crâne d'ours des cavernes extirpé du sol dans une grotte du massif du Vercors. © Jean-Christophe Pain / France 3 Alpes

Protégée des pillages grâce à l'éboulement, la grotte abrite crânes et ossements de plusieurs ours des cavernes, une espèce qui s'est éteinte au cours d'une période glaciaire. Christophe Griggo récupère les restes de ces animaux à demi enterrés dans l'argile, dispersés au fil des millénaires par les crues souterraines ou les ruissellements.

 

Un géant végétarien

Les spéléologues dégagent méticuleusement ces vestiges de leur gangue de terre et de calcite. "Il semblerait que le disque vertébral n'était pas encore soudé, donc c'était un jeune adulte de grande taille. Vu la dimension de la vertèbre, ça serait peut-être un jeune mâle", estime le paléontologue en observant une vertèbre.

Isère : des spéléologues découvrent une grotte remplie d'ossements d'ours des cavernes

Dressé sur ses pattes arrières pour impressionner ses prédateurs, l'ursus spelaeus pouvait atteindre plus de 3 mètres de haut. Il pesait jusqu'à 800 kg, plus de trois fois le poids de l'ours brun actuel. L'ours des cavernes a disparu il y a environ 25 000 ans. "Leurs canines étaient proportionnellement plus courtes que celles d'un ours brun. Mais par rapport à un félin, elles sont vraiment très courtes parce qu'il n'utilisait pas ses canines pour tuer ses proies. Il était essentiellement végétarien", poursuit Christophe Griggo.

Les hommes de Néandertal ou Sapiens qui l'ont côtoyé pouvaient exceptionnellement prendre le risque de le chasser, profitant de son relâchement hivernal. Mais rien n'est prouvé à cette heure. Des hommes auraient-ils pu fréquenter la grotte aux ours ? Rien n'est moins sûr, des fouilles sont en cours pour le vérifier. Les ossements seront analysés au laboratoire CNRS Edytem avant d'être confiés au Muséum d'histoire naturelle de Grenoble.

 

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