Isère : dans les stations de ski de Belledonne, un bilan mitigé autour de la vague du ski de randonnée

La fermeture des domaines skiables pendant les vacances de Noël pour cause d'épidémie de Covid-19 a poussé les skieurs locaux et les vacanciers à tester de nouvelles pratiques, comme le ski de randonnée. Pour les stations, le développement de cette activité se heurte à plusieurs limites. 

Des skieurs de randonnée à Chamrousse, le 21 mars 2019.
Des skieurs de randonnée à Chamrousse, le 21 mars 2019. © Stéphane Milhomme / MAXPPP

Ce sont d'étranges vacances de Noël qui resteront gravées dans les mémoires des habitants des stations de ski : la neige était abondante, mais les remontées mécaniques sont restées à l'arrêt pendant toute la période des fêtes dans le cadre des restrictions sanitaires pour lutter contre l'épidémie de Covid-19. 

Dans les stations du massif de Belledonne en Isère, les responsables des domaines skiables se sont adaptés en essayant d'offrir les meilleurs aménagements possibles à un nouveau type de skieur : les adeptes du ski de randonnée, de plus en plus nombreux. À Chamrousse, en plus des deux itinéraires balisés et habituels de ski hors-piste, deux parcours ont été dessinés sur les pistes de la station par les employés du domaine.

"On a balisé deux itinéraires pour les novices. Ces parcours font une boucle entre les secteurs du Recoin et de Roche Béranger sans monter jusqu'à la Croix de Chamrousse. On a eu une belle fréquentation, surtout par des débutants. Pour la plupart, ils venaient de Grenoble où ils ont loué ou acheté leur matériel", raconte Jean-Luc Jaouen, le responsable des pistes de Chamrousse. 

Des itinéraires difficiles à sécuriser 

Même engouement pour cette nouvelle pratique du côté de la station des Sept Laux. Selon l'office de tourisme, le nombre d'adeptes des peaux de phoques a augmenté d'environ 30% pendant ces vacances de Noël.

Jean-François Genevray, le directeur des remontées mécaniques des Sept Laux, a voulu proposer à ce public un nouvel itinéraire de ski de randonnée en plus du parcours déjà existant. Mais il s'est heurté à la topographie de la station. "En balisant ce nouvel itinéraire, on s'est rendu compte que ça devenait exposé. Il fallait mettre des filets de sécurité, des barrières, pour que les gens ne sortent pas du parcours. Si vous regardez une carte, il y a beaucoup de zones avalancheuses tout autour de notre domaine skiable", dit-il. 

La station de Chamrousse a fait face au même enjeu de sécurité. "Cela fait beaucoup de gens qui viennent dans une montagne ouverte. Ces nouveaux skieurs ne sont pas préparés, ils peuvent vite s'éparpiller en montagne et pour nous c'est difficile à gérer. On a eu une famille qui est partie à l'extérieur des itinéraires et ils se sont faits prendre par la nuit", témoigne Jean-Luc Jaouen.

Des retombées économiques très faibles

L'autre limite de cette vague de nouveaux pratiquants du ski de randonnée est l'aspect économique. Par rapport au ski alpin, les retombées financières ont été dérisoires. "En tant que directeur des remontées mécaniques, je fais un constat désastreux. Il y a eu de la neige pendant toutes les vacances et on a encaissé seulement 5 à 10 000 euros de recettes. Le changement de pratique c'est bien, je suis le premier à faire de la randonnée, mais ça ne rentabilise pas les retombées mécaniques", pointe Jean-François Genevray aux Sept Laux. 

Dans cette petite station familiale, les loueurs de matériel de ski ont vivoté grâce au ski de randonnée, mais aussi à l'essor autour du ski de fond, dont les pistes étaient ouvertes pendant ces vacances de Noël. "Le ski de fond aussi a connu une nouvelle popularité. C'est très bien, car ça stagnait en termes de pratiquants", conclut Jean-François Genevray. 

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