Isère : un village rouvre son café grâce à une association solidaire

Ouvrir 1000 cafés dans 1000 communes rurales du pays, c'est le nouveau concept lancé par le groupe SOS. L'idée est de réinventer le café du village dans les territoires "abandonnés" et de recréer du lien social entre les habitants.

Lancée en septembre 2019, l'association 1000 cafés tente de réinventer le café du village dans les territoires ruraux, ces milliers de villages qui voient petit à petit disparaître les lieux de sociabilité. 

Cette initiative du groupe solidaire SOS est partie du constat que 53 % des communes rurales ne possèdent aucun commerce. Pour beaucoup de ces villages, le lien social est en voie de disparition. Plus de commerces, ni de services publics, on se salue en bordure de chemin ou dans les ruelles des hameaux. Les rares fêtes de village et l'église sont les seuls lieux où les habitants se croisent et se parlent.

Forte de son expérience solidaire "Quartiers cafés", l'entreprise sociale SOS et son antenne Action Territoriale prend à bras-le-corps la revitalisation des villages ruraux en finançant l'ouverture de 1000 cafés dans 1000 communes de France. Objectif, recréer du lien social dans les communes de moins de 3 500 habitants en participant à la réouverture ou la création d'un café là où les habitants se sentent abandonnés.

Jusque-là, 85 projets ont abouti sur l'ensemble du territoire français. En Isère, le café de Thodure est en cours d'ouverture et le Local situé à Oyeu vient de rouvrir ses portes après cinq ans de fermeture. Depuis le mois de juin dernier, les clients sont de retour et Bruno, le gérant, se démène pour les satisfaire. « Pour faire ça, il faut aimer les gens et les connaître pour répondre à leurs attentes ». Jacques, un habitué, y trouve son compte : « C’est bien, ça fait revivre un peu le village… »

Plus qu’un bar, le Local est multi-service, il fait aussi le dépôt de pain et épicerie, la condition sine qua non pour une survie économique. Un plus pour la clientèle qui trouve ici, à deux pas de chez elle, toutes les denrées essentielles, pour beaucoup des produits bio de proximité. Bruno devrait prochainement rajouter des aliments frais. Autre service très apprécié, et assuré quotidiennement, le dépôt et la livraison de colis, même les plus volumineux. Jusque-là, les habitants devaient parcourir 40 kilomètres pour ce service.

Grace à l’association « 1000 cafés », le village d’un millier d’habitants retrouve des couleurs. « C’est important que les gens aient un endroit où ils peuvent se retrouver » se félicite le maire. À l’avenir, Bruno, qui est aussi cuisinier de formation, espère développer sa petite entreprise et à terme, créer un autre emploi.

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
social économie ruralité société