"Stop Tomorrowland", "Montagne en danger" : des remontées mécaniques recouvertes de tags à l'Alpe d'Huez

Le mouvement écologiste "Extinction Rebellion" a mené une action à l'Alpe d'Huez contre l'accueil du festival de musique électronique "Tomorrowland Winter", prévu en mars prochain. Plusieurs remontées mécaniques ont été taguées afin d'alerter sur les conséquences écologiques de l'événement. Le maire de la ville défend, lui, un festival important dans l'économie de la station.

La station de l'Alpe d'Huez de nouveau sous le feu des critiques. Alors que l'édition 2024 du festival de musique électronique "Tomorrowland Winter" approche, la station de ski iséroise fait de nouveau l'objet de contestations.

Dans la nuit de samedi à dimanche, des activistes du mouvement écologiste "Extinction Rebellion" ont entrepris une action sur plusieurs remontées mécaniques de la station. Différents tags ont été peints sur des pylônes, des chalets de départ et autres installations : "Stop Tomorrowland", "Montagne en danger" ou encore "Bilan carbone +++", pouvait-on lire parmi les messages.

L'antenne grenobloise d'Extinction Rebellion reproche notamment à la mairie de l'Alpe d'Huez d'avoir prolongé son partenariat avec le festival belge pour cinq éditions supplémentaires et donc jusqu'en 2030. Le collectif évoque ainsi "un sentiment de déni démocratique", alors que plusieurs associations environnementales et un collectif formé en fin d'année 2023 sont vent debout face à l'organisation d'un tel événement en pleine montagne.

"C'est un festival qui va avoir lieu en altitude, dans un milieu particulièrement fragile et sensible. La scène la plus haute est à 3 300 mètres d'altitude, à moins de 500 mètres du parc des Ecrins, un milieu volontairement protégé", raconte une des activistes d'Extinction Rebellion à visage couvert.

Parmi les autres critiques formulées par le mouvement : un "coût écologique dramatique chiffré à plusieurs milliers de tonnes équivalent CO2 rien que pour les vols en avions associés aux déplacements des festivaliers".

"Ces déplacements ont un coût important. On ne peut plus faire venir des festivaliers de l'autre bout du monde pour quelques concerts. Ce n'est plus raisonnable", témoigne la jeune militante.

"C'est un peu n'importe quoi"

Le maire de l'Alpe d'Huez a tenu à répondre à ces critiques : "C'est toujours assez frustrant d'entendre des choses comme ça. Des chiffres sont annoncés, mais c'est un peu n'importe quoi. On est serein sur les nôtres : la semaine de Tomorrowland est une semaine où il y a moins de touristes étrangers qu'une semaine normale à l'Alpe d'Huez."

"La seule chose qui est une contrainte pour les habitants, c'est que pour monter une scène, il faut des travaux et l'acheminement des marchandises. Nous avons donc fait venir les camions avant le début de la saison, au moment où c'est beaucoup plus facile afin d'étaler ces déplacements, poursuit Jean-Yves Noyrey. On a économisé près de 350 000 mètres cubes d'eau depuis qu'on a engagé un travail sur notre réseau. Ce n'est pas mis en avant et ça vaut largement les quelques camions qui montent les structures de Tomorrowland."

Quant au "déni démocratique" évoqué par les associations, l'édile réfute : "C'est facile à dire. Si vous faites un sondage au niveau de l'économie, des commerçants, mais aussi des propriétaires qui ont vu leur bien évoluer, ils sont tous derrière Tomorrowland."

Des milliers de festivaliers attendus

Pour Jean-Yves Noyrey, l'accueil du festival génère d'importantes retombées économiques : "Tomorrowland nous apporte aujourd'hui une communication que nous n'avions pas et qui représente des millions d'euros dans le monde entier. C'est une bonne raison pour certains 'tour operators' de commercialiser l'Alpe d'Huez. (...) Depuis 15 ans, on a apporté à la station une économie qu'elle n'avait pas."

Le maire précise que la Sata (Société d’Aménagement Touristique de l’Alpe d’Huez et des Grandes Rousses), gestionnaire des remontées mécaniques, a décidé de porter plainte à la suite des différents tags découverts sur ses installations.

Le festival Tomorrowland Winter est organisé tous les ans, depuis 2019, dans la station iséroise. Cette année, l'événement aura lieu du 16 au 23 mars prochain. À un peu moins d'un mois du lancement, tous les tickets ont été vendus et le festival affiche complet. Près de 22 000 festivaliers ont participé à la dernière édition en 2023.