Saint-Etienne : le Conseil d'administration de l'université J.Monnet vote contre le projet de fusion avec Lyon

En septembre dernier, le vote concernant le projet Idex, projet controversé de fusion entre universités lyonnaise et stéphanoise avait été repoussé au 23 octobre. Le conseil d’administration de l’université Jean-Monnet s'est réuni, ce vendredi pour voter. Résultat : c'est non.

Des universitaires stéphanois opposés au projet IDEX. Aujourd'hui, le CA de l'université Jean Monnet doit se prononcer sur les statuts de la future entité qui doit regrouper l'UJM et trois établissements lyonnais (23/10/20)
Des universitaires stéphanois opposés au projet IDEX. Aujourd'hui, le CA de l'université Jean Monnet doit se prononcer sur les statuts de la future entité qui doit regrouper l'UJM et trois établissements lyonnais (23/10/20) © F.Bouyablane
Après la polémique, les démissions en cascade de vice-présidents de l'université stéphanoise, c'est donc ce vendredi 23 octobre 2020 que le sort de l'IDEX devait être scellé. La fusion de l’université Jean-Monnet avec celles de Lyon 1, Lyon 3, ainsi que l’École normale supérieure de Lyon va-t-elle avoir lieu ? À Saint-Etienne, le conseil d'administration de l'université Jean-Monnet a répondu par la négative. Le vote sur les statuts de la future entité Idex ("Initiative d'Excellence") s'est soldé par 22 voix contre, et 11 pour.

A la mi-journée les opposants au projet protestaient devant l'UJM

La communauté universitaire stéphanoise vent debout contre le projet de fusion avec Lyon

Le dossier concernant la fusion de l'université stéphanoise Jean-Monnet et des établissements d'enseignement supérieur de Lyon, a donné lieu à de nombreux remous depuis de nombreuses années. Mais en juin dernier, douze vice-présidents de l'université ligérienne avaient donné leur démission. Dans la foulée, le collectif UJM, regroupant notamment enseignants et chercheurs, avait été lancé pour dénoncer le projet IDEX. Le collectif compte à ce jour près de 400 membres. Ils font valoir leur crainte d'une absorption pure et simple de l'université Jean-Monnet, avec disparition de son nom, et surtout une perte d'autonomie. 

Le 16 octobre 2020, à quelques jours du vote du conseil d’administration de l’université, le Conseil Académique de l'établissement stéphanois s'est prononcé lors d'un vote consultatif sur le projet de statuts de l'IDEX. Ce Conseil est constitué de la Commission Recherche  (CR) et de la Commission de la Formation et de la Vie Universitaire (CFVU). Résultat de ce vote qui avait rassemblé 73 votants : 82% d'entre eux sont opposés au projet de fusion.  

Mise à jour jeudi 29 octobre:

(AFP) Le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche a enterré officiellement jeudi 29 octobre le projet de grande université de rang mondial, qui devait réunir plusieurs établissements de Lyon et de Saint-Etienne.

Cette décision fait suite au refus de l'Université Jean Monnet (UJM) de Saint-Etienne de voter, vendredi dernier, les statuts du futur établissement. "Compte tenu de ce vote qui émane de l'un des quatre établissements porteurs de l'initiative, l'IDEX (ndlr: initiative d'excellence) est immédiatement et définitivement arrêtée", a indiqué le ministère dans un communiqué. Le projet visait à rassembler sous un même toit les universités de Lyon 1, Lyon 3 et l'UJM, ainsi que l'Ecole normale supérieure (ENS) de Lyon. L'établissement en résultant aurait accueilli quelque 140.000 étudiants.

Ces établissements auraient ainsi été plus visibles sur la scène internationale, et notamment dans le fameux classement de Shanghai, où les établissements lyonnais occupent un rang très modeste. Sa gestation avait été difficile dès le début et l'IDEX avait perdu en route un de ses membres fondateurs, l'Insa de Lyon. Et c'est encore sur des questions de gouvernance que la composante stéphanoise s'est retirée, craignant de perdre ses plus beaux atouts au profit de ses puissants partenaires lyonnais.

Le ministère a "vivement" regretté que "l'Etat soit amené à prendre cette décision qui met un terme à un projet pourtant très structurant pour les territoires lyonnais et stéphanois et qui aurait renforcé leur ancrage régional, leur impact socio-économique et leur visibilité à l'international".
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