Terroir et gastronomie : les recettes de l'infatigable chroniqueur stéphanois de Télématin Loïc Ballet

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Écrit par Yannick Kusy (@yannkusy) Propos recueillis par Alain Fauritte
Le chroniqueur Loïc Ballet dévoile ses passions pour la gastronomie, le théâtre et la transmission face à Alain Fauritte dans "Vous êtes formidables"
Le chroniqueur Loïc Ballet dévoile ses passions pour la gastronomie, le théâtre et la transmission face à Alain Fauritte dans "Vous êtes formidables" © france 3

Derrière le célèbre triporteur de Télématin, chacun reconnaît désormais le chroniqueur Loïc Ballet. Né à Saint-Etienne, il transmet quotidiennement le goût du terroir et des bons produits à la télévision. Il est aussi auteur et même... épicier. Rencontre dans "Vous êtes formidables" sur France3

Il est tout terrain. Loic Ballet est journaliste, animateur, chroniqueur régulier dans Télématin sur France2. Mais aussi un ambassadeur inlassable des produits du terroir et même… épicier le week-end.

Amoureux de Saint-Etienne

Loïc affiche un parcours bien riche, pour un gamin né au cœur de la Loire, à Saint-Etienne. « L’âge d’or de Saint-Etienne, c’est le XIXème siècle, avec la révolution industrielle. On s’en rend compte en se baladant par exemple place Jean Jaurès et son fameux kiosque, en observant sa belle préfecture. C’est un beau quartier », commente aussitôt cet amateur d’art et d’histoire, amoureux de sa ville natale. « C’est une ville dont on dit qu’on y arrive en pleurant, et dont on repart… en pleurant. Elle a cette image un peu négative liée à son passé industriel, mais aujourd’hui toutes les façades ont été colorées, elle a beaucoup changé. C’est aussi la ville du design. On a des œuvres un peu partout. Et puis les stéphanois restent des gens plutôt simples et facilement abordables », insiste-t-il.

Du théâtre à la télévision

C’est d’abord sur une scène de théâtre que l’enfance de Loïc s’est animée. Celle du Centre national d’art dramatique qu’il foule à 9 ans. « J’ai d’abord fait un peu de théâtre dans un centre social à Saint-Priest-en-Jarez. Puis je me suis inscrit à un casting. C’est Alain Dessaix, metteur en scène connu à Saint-Etienne qui m’a d’abord donné un rôle de figurant. Puis il a fallu partir à Avignon pour un mois de représentation. Mon père, illustrateur de bd, a écouté son âme d’artiste. Ma mère a été d’accord et ils m’ont laissé partir. Ce moment-là m’a marqué. » Une carrière de comédien qui laissera finalement la place au petit écran. « Oui, mais la télé, c’est un peu du théâtre, aussi », corrige-t-il aussitôt.

Le goût de la cuisine simple

Son éducation est également marquée par la bonne nourriture, dont il garde, là-aussi, quelques souvenirs. « Ma nourrice me faisait de la fricaude. Ce plat que l’on préparait avec du boudin noir, cuit à la poêle, avec un peu de gésier, de cœur et de pommes de terre au milieu. L’ensemble était cuit au saindoux. Un souvenir de plat que je ne retrouverai jamais. Elle est partie avec sa recette…», précise Loïc en regardant le ciel. « Et puis ma maman, c’était par exemple la quiche au poulet, qu’on fait le dimanche soir avec les restes. Je conseille de prendre le temps de décortiquer la carcasse… Vous verrez, c’est merveilleux. »

Définitivement gourmet, il casse sa tirelire, à 18 ans, pour s’offrir son premier diner dans un trois étoiles chez le chef Troisgros dans la Loire. « Pour moi, ce sont les parents qui transmettent avant tout le goût aux enfants. Tout cela est du mimétisme. Moi, j’ai vu mes parents constituer régulièrement une cagnotte. Ils y mettaient dix euros tous les mois. Et, au bout de quelques temps, ils s’offraient, avec des collègues, un bon restaurant. J’avoue que j’étais un peu admiratif de ça. »

Journaliste et chroniqueur sur France3

Loïc Ballet va ensuite étudier l’histoire de l’art, puis rejoindra une école de journalisme à Lille.  « A 15 ans, j’ai commencé à collaborer avec la télé locale de Saint-Etienne, TL7. J’avais une émission qui s’appelait « passe-moi l’assoc » et j’y présentais une association chaque semaine. » Puis, il effectuera un stage à Fr3 Lyon, et y assurera rapidement une chronique « les tests de Loïc » dans l’émission « C’est mieux le matin ». Avec toujours l’idée de faire découvrir aux autres.

Toi, mon petit lapin, tu vas m’appeler et on va bosser ensemble.

Jean-Pierre Coffe

La jeune carrière de Loïc Ballet sera également jalonnée de rencontres marquantes. Notamment avec Jean-Pierre Coffe. « Je l’ai connu à Saint-Etienne, dans un salon de thé qui proposait des cafés littéraires, rue de la ville. Il y disait « les jeunes s’en foutent. Ils mangent mal. » Et moi, j’ai levé la main pour protester. Il m’a dit « Toi, mon petit lapin, tu vas m’appeler et on va bosser ensemble. » Je lui ai préparé une émission sur France Inter. Et, juste après sa diffusion, Jean-Pierre a été remercié. Du coup, de « petit lapin », je suis passé à « chat noir » ! Il me charriait souvent là-dessus», rit-il en se rappelant cette époque. « Je me souviens aussi de soirées, chez lui, où on préparait, tard le soir, avec beaucoup de vin blanc… En tout cas, l’amour des producteurs, je lui dois vraiment. Il pensait qu’il fallait les défendre. »

durée de la vidéo : 38sec
Loïc Ballet répond à la question "fort minable" ©présenté par Alain Fauritte

La France en triporteur

Il fera ensuite une autre rencontre, avec le journaliste William Leymergie, qui lui ouvrira les portes de « C’est au programme », présenté par Sophie Davant, et, bien sûr, de « Télématin », sur France2. Avec son fameux triporteur, il a pu, au fil de centaines de chroniques, parcourir la France pour présenter ses talents et son terroir. « Le lien avec le théâtre est là. Quand on part avec ce triporteur, on joue forcément un rôle. Quand vous êtes sur un marché en train de cuisiner avec un chef, l’expérience de la scène vous aide à dompter le trac. »

Finalement, c’est ce que l’on boit ou mange qui a sculpté nos paysages.

Au-delà de ce rôle, Loïc complète son emploi du temps par l’écriture d’ouvrages sur le terroir. Récemment, il a collaboré, avec trois autres auteurs, à la parution de « la France à table ! » chez Hachette. « L’idée était de partir des 170 villages des français. Et j’ai assuré la partie gastronomique pour montrer ce que l’on peut goûter dans ces endroits. Derrière tous ces produits, il y a toute une culture. Finalement, c’est ce que l’on boit ou mange qui a sculpté nos paysages. »

Des aventures en famille

Autre publication récente…en famille. Loïc a collaboré avec son papa Patrick, illustrateur de bd et électricien, pour sortir un nouveau livre, intitulé « Une année pour bien manger » qui s’adresse essentiellement aux enfants. Rempli de recettes fournies par douze grands chefs, dont la drômoise Anne-Sophie Pic, cette bande-dessinée est vendue intégralement au profit d’associations pour l’enfance. « Les recettes, faciles à réaliser, sont présentées mois par mois, avec les explications sur les légumes de saison », résume Patrick.

Evolution logique… Loïc est désormais épicier. Il a ouvert sa boutique à Paris, où il propose des produits venus directement des producteurs. « Tout cela, c’est la même histoire. Ce qui m’aide à me lever le matin pour partir au bout de la France, c’est d’avoir l’envie de transmettre. Cette boutique est aussi un projet presque familial. Je l’ai réalisé avec une amie d’enfance, Elodie, avec laquelle j’étais dans la même école maternelle. On n’y vend exclusivement que des produits que je suis allé voir. On ne négocie pas les prix des producteurs, qui sont tous français. »

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