Le plus gros bidonville de Grenoble bientôt évacué

Ce lundi 18 mai, après un entretien avec le préfet de l'Isère, Eric Piolle, le maire de Grenoble, a annoncé le démantèlement prochain du bidonville de l'avenue Edmond Esmonin. En quelques mois, le nombre de cabanes de fortune n'a cessé de grossir. Plus de 350 personnes y vivent aujourd'hui.  

A deux pas du centre commercial Grand'Place, ce bidonville est devenu un village dans la ville, essentiellement composé d'une population venue de l'Est. Les squats vidés dans le centre, avant l'hiver, ont fait progresser les baraquements à vue d'oeil. Les constructions se sont nourries d'un bâtiment voisin, l'ex-usine Allibert, alimentant une polémique autour de l'amiante présente. Les rumeurs les plus folles ont aussi entouré ce site, le rendant responsable d'une épidémie de gale.

Mais c'est le développement d'une mafia au coeur du bidonville qui a poussé le maire de Grenoble à s'engager sur la voie d'un recours au tribunal administratif pour "trouble à l'ordre public", souhaitant faire appliquer la circulaire Valls pour évacuer le terrain. Selon lui, les "mafieux" se seraient transformés en marchands de sommeil et la prostitution aurait gagné du terrain.

A la mairie de Grenoble, on assure que "le diagnostic social" sera fait, avec appel aux communes voisines, "pour trouver une solution collective et durable à cette situation".

Une situation jugée "intenable" par d'autres maires de l'agglomération de Grenoble confrontés à d'autres camps. Lors de l'entretien en préfecture, les premiers magistrats d'Echirolles, de Saint-Martin-d'Hères et de Fontaine étaient également présents avec la vice-présidente en charge du dossier à la Métro. Récemment, le maire PCF de Fontaine a souligné que "la situation s'aggrave jour après jour (...) 800 personnes recensées dans l'agglomération vivent dans des conditions illégales, précaires et insalubres."

Le maire EELV de Grenoble profite de cet épisode pour dénoncer la régionalisation de la demande d'asile, instituée en 2010 lorsque la droite était au pouvoir, et qui crée "un afflux et une concentration" des demandeurs dans certaines métropoles. Il demande donc au gouvernement socialiste de revenir sur cette disposition.