Cet article date de plus de 3 ans

Bière artisanale : une filière en plein boom dans le Puy-de-Dôme

Le marché de la bière artisanale connaît une croissance insolente depuis plusieurs années. En 2007, la France comptait moins de 200 micro-brasseries. Aujourd’hui, on en recense plus de 1000. Deux entrepreneuses du Puy-de-Dôme ont décidé de se lancer dans ce marché lucratif.
À 34 ans, Lucile Comptour a décidé de créer son entreprise. C’est à Saint-Germain-Lembron, à 10km d’Issoire dans le Puy-de-Dôme, qu’elle a ouvert la Malterie des Volcans en décembre 2017. Spécialisée dans la production de malt, cette jeune femme titulaire d’un BTS en agriculture s’approvisionne chez des céréaliers de la région. « Dans le département, je suis la seule productrice de malt, précise Lucile. Il y a une autre malterie en Ardèche. Mais en tout, nous sommes seulement quatre producteurs en France ».

Dans son exploitation, elle produit des malts d’orge, de blé, de sarrasin et de seigle, ingrédients essentiels au brassage de la bière. « Le processus de maltage dure un peu plus d’une semaine. On commence par faire tremper les céréales dans un bain, que l’on vidange au bout de 10 heures. Puis on renouvelle l’opération encore deux fois. Ensuite on laisse les céréales germer pendant plusieurs jours. Puis on les sèche dans une touraille avec de l’air chaud pendant 24h ».


Le malt est ensuite vendu par sacs de 25 kilos à des brasseurs professionnels, ou par 5 kilos à des amateurs. « Jusqu’à présent, les brasseurs français étaient obligés de s’approvisionner en malts belges ou allemands. Il y avait une vraie demande pour du malt local, fait à partir de céréales de la région. Depuis l’ouverture, nous avons beaucoup de succès » raconte Lucile, qui a investi 200 000 euros dans son affaire.

Un succès auquel souhaite contribuer Nina Gravelle. Architecte de formation, cette jeune mère de famille a décidé d’ouvrir la Cocotte Maltée, un atelier de brassage de bière destiné au grand public. « On recherche justement des matières premières auvergnates pour brasser notre bière, explique la jeune femme de 29 ans. Avec la Malterie des Volcans, on pourrait préparer une bière presque 100% auvergnate ».

Si l’entreprise de Lucile a déjà vu le jour, celle de Nina est encore au stade embryonnaire. Pour financer son projet, la jeune femme, qui vit à Clermont-Ferrand depuis 2008, a lancé une campagne de financement participatif sur internet. L’objectif : récolter 3000 euros pour acheter du matériel de brassage professionnel. Alors que la cagnotte est encore ouverte jusqu’au 15 février, Nina et son mari ont déjà dépassé leur objectif avec 3295 euros affichés au compteur et une cinquantaine de contributeurs.


Grâce à ce coup de pouce, le couple espère ouvrir son atelier « Do it yourself » au printemps 2018 à Aubière (ça ne s'invente pas!), dans le Puy-de-Dôme. «Nous proposerons  à nos clients un atelier de 4h durant lequel ils apprendront à brasser leur propre bière. Tout est personnalisable : le type de malt, de houblon ou encore le choix des épices. Après deux semaines de fermentation dans notre cuve, ils pourront venir chercher leurs 18 litres de bière embouteillés par nos soins ».

Finalement entre les céréales de la Malterie des Volcans et le brassage de la Cocotte Maltée, il ne manque plus qu’un producteur de houblon pour compléter la chaîne de production. Et ainsi développer une bière 100% puydômoise.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
artisanat économie bière sorties et loisirs