Clermont-Ferrand : le pompier devenu homme d'affaires, le parcours détonnant du youtubeur Yann Darwin

Publié le Mis à jour le
Écrit par Stéphanie Vinot
Yann Darwin était pompier à Clermont-Ferrand avant de réussir dans l'immobilier et la finance
Yann Darwin était pompier à Clermont-Ferrand avant de réussir dans l'immobilier et la finance © Greenbull Group

Voici une success story, celle de Yann Darwin. Un youtubeur qui fait de la vulgarisation en matière d'investissement immobilier ou boursier. Pompier à Clermont-Ferrand dans le Puy-de-Dôme à l'origine, il est devenu homme d'affaires et vit aujourd'hui à Dubaï. Rencontre.

« Salut, la team rentable ! Tu es sur la chaîne des investissements mais pas chiant ! » Le style est direct, punchy. Yann Darwin n’a pas son pareil pour faire un décryptage de l’actualité financière sur sa chaîne YouTube. Sans prise de tête, avec un langage fleuri. L’humour à la rescousse. Ce youtubeur, qui a passé une grande partie de sa vie à Clermont-Ferrand dans le Puy-de-Dôme, affiche 200 000 abonnés. Il faut dire que le garçon, boule à zéro, T-shirt « décontract », bientôt 36 ans, a un certain talent pour expliquer au commun des mortels des notions aussi complexes que les intérêts composés (réinvestir systématiquement ses dividendes pour augmenter ses gains et faire grossir son capital), le DCA (investir à intervalles réguliers sur les marchés boursiers sans se soucier des cours pour un placement à long terme) ou encore le scalping (trader une valeur sur un délai très court).

Une heure de vidéo où les anglicismes foisonnent mais à la fin, le néophyte aura mis les pieds dans un monde qui paraissait jusqu’ici inaccessible. Tout en s'amusant. « Faire les choses sérieusement, sans se prendre au sérieux », c’est l’un des leitmotivs de l’Auvergnat. « Quand je regarde tout ce qui se fait quand des mecs parlent de finance et d’investissement, je me fais chier ! Excusez-moi l’expression mais je m’emmerde ! », lâche-t-il avec la franchise qui le caractérise. « Personne n’a envie de creuser ces sujets alors que lorsqu’on les creuse, c’est un super levier pour améliorer sa vie, ses finances, sa liberté. Il ne faut pas forcément être un banquier avec les lunettes et la raie sur le côté pour être légitime.»

 

 

Car oui ! Yann-Loïc Chort, de son vrai nom, était pompier à Clermont-Ferrand. Pour travailler. Vite. Le garçon est ambitieux et pressé. Il  veut gagner du temps sur ceux qui font des écoles de commerce ou qui étudient la finance. Trop théoriques, pas assez pratiques pour cette boule d’énergie. Yann-Loïc Chort fait tous les métiers. Une fois installé dans son CDI de fonctionnaire, il commence à 25 ans à investir dans l’immobilier dans la capitale auvergnate. Il fait les bonnes rencontres, il devient marchand de biens. Il boursicote aussi. Face aux questions récurrentes de son entourage, il se lance dans la formation en 2016. « J’ai vu qu’il y avait un besoin et c’était aussi l’explosion de YouTube à l’époque qui devenait de plus en plus un moteur de recherche avec des tutos, avec des gens qui se forment. J’ai monté cette activité de formation sur l'immobilier et ça s’est mis à marcher fort. »

Une ascension à force de persévérance, de travail et d’innovation. Yann-Loïc Chort finit par quitter le corps des pompiers. Yann Darwin passe sur le devant de la scène. C’est l’épopée Greenbull qui commence et qui va l’emmener jusqu’à Dubaï où il vit aujourd’hui. En 2017, il rencontre de jeunes chefs d’entreprise qui ont la même soif de réussir. Ils s’associent. Quatre ans plus tard, Greenbull Group emploie 120 personnes. L'entreprise met en place des formations à destination du grand public sur la finance et les marchés boursiers. Elle se développe sur le courtage, les assurances, le trading, le private equity (l’investissement dans des entreprises sans passer par les marchés boursiers). L’entreprise a fait 15 millions d'euros de chiffre d’affaires en 2021. Ce sont les années où les cryptomonnaies, Bitcoin en tête, sortent de la confidentialité, le besoin en information financière de la part d'un nouveau public, jeune, se fait plus fort : la chaîne YouTube du Clermontois monte en audience. 

Bernard Tapie pour modèle

Yann Darwin, l’histoire d’une success story à la sauce auvergnate. D’où lui vient ce besoin de réussir ? Il a du mal à répondre. Tout juste se souvient-il d’une mauvaise passe dans la vie de ses parents où un huissier s’était présenté à la maison. Il avait alors 7-8 ans. « Mais je n’ai pas assez étudié le sujet en psychanalyse pour y répondre », se marre l’homme d’affaires qui a su rester simple. Ce qui est sûr, c’est que tout minot, il est déjà fasciné par des personnes comme Bernard Tapie ou Bernard Arnault. « Ce sont des mecs controversés. Mais en tout cas, ce n’est pas le côté "controverse" qui m’intéresse, c’est leur capacité à développer des projets, à monter des boîtes», explique-t-il.

Un homme totalement décomplexé avec l’argent. Qui avoue aimer le luxe, les belles choses, les beaux hôtels, les belles voitures. Mais qui refuse de l'afficher sur les réseaus sociaux. Qui refuse d'en faire un argument commercial pour vendre les formations de son entreprise. Comme le font tant d’autres sur internet. « Ca fait partie du package de la réussite. Quand tu réussis financièrement, tu peux te faire plaisir. Mais quand ton seul argument commercial en tant que formateur, chef d’entreprise ou marque, c’est de dire : j’ai une belle voiture, donc écoutez-moi, je trouve ça pitoyable. Je préfère briller par mes connaissances ou ma capacité à vulgariser.»

Yann Darwin a un combat : prouver que sa réussite est accessible à tous. Il faut juste s’en donner les moyens. L’aisance financière n’est pas réservée à une élite qui en garderait farouchement les secrets. L’homme est brillant. Il ne cesse de se former, de monter en compétence avant de restituer les infos au plus grand nombre. Par vidéo interposée. « Plein de gens se limitent en se disant : ce n’est pas fait pour moi, car je n’ai pas fait d’études, je ne suis pas assez intelligent, je n’ai pas assez d’argent, je n’ai pas le droit à la banque privée. Mais non ! C’est faux », s’insurge-t-il. « Aujourd’hui, dans le monde dans lequel on vit, en 2021, avec internet, les smartphones, on peut avoir n’importe quelle réponse juste en utilisant Google. C’est inédit dans l’histoire du monde. Si tu décides de prendre le taureau par les cornes et de passer à l’action, je pense qu’on vit à une époque qui permet tout. »

Philanthropie

Il milite aussi pour dire qu’il n’y a rien de honteux à gagner de l’argent : « Je pars du principe qu’à partir du moment où tu as  de l’argent, ça va te permettre de faire des choses que d’autres ne font pas, comme acheter une voiture de sport mais aussi créer des projets, utiles potentiellement pour le monde. » Et de citer notamment l’exemple de Bill Gates qui, au travers de sa fondation, dépense des millions de dollars pour lutter contre des maladies en Afrique. Selon Yann Darwin, devenir milliardaire, c’est aussi s’investir dans la philanthropie. D’ailleurs, l’Auvergnat commence à s’impliquer dans des opérations caritatives. Le sort des animaux et celui des SDF sont deux causes qui le touchent.

Le youtubeur a conscience que sa parole est de plus en plus écoutée sur internet. Il a conscience de sa responsabilité lorsqu’il met en lumière un actif financier. « C’est une très grosse préoccupation. Tu n’as pas droit à l’erreur quand tu te mets en avant et que tu peux emmener des gens avec toi. » Mais il est rassuré sur son statut de star de YouTube : « Même si j’ai beaucoup d’impact sur la sphère "finance et investissement", en vrai, je ne suis pas mainstream, je ne suis pas grand public. Le jour où je le deviens, je n’ai pas du tout envie de tomber dans une espèce de caricature de mec de télé-réalité. Ca, c’est capable de me faire arrêter. »

L’entrepreneur auvergnat l’a déjà prouvé. Il n’a pas peur des changements de cap. Il est toujours en train de préparer le coup d’après. 

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