Clermont-Ferrand : les migrants du squat de la Pardieu pourront être expulsés le 3 septembre

Dans le quartier de la Pardieu, à Clermont-Ferrand, voilà un an qu'un pavillon rebaptisé "squat 5 étoiles" est occupé par des dizaines de migrants, dont des mineurs isolés, encadrés par des associations. Les propriétaires pourront réclamer leur expulsion le 3 septembre.

la cour d'appel de Riom a rendu publique le 18 juillet 2018 sa décision de prononcer l'évacuation du squat de la Pardieu, à Clermont-Ferrand. À compter du 3 septembre, les propriétaires du lieu pourront demander l'intervention de la force publique pour procéder à une éventuelle expulsion.
la cour d'appel de Riom a rendu publique le 18 juillet 2018 sa décision de prononcer l'évacuation du squat de la Pardieu, à Clermont-Ferrand. À compter du 3 septembre, les propriétaires du lieu pourront demander l'intervention de la force publique pour procéder à une éventuelle expulsion. © J. Tellier / France 3 Auvergne
Les jours du squat "5 étoiles" sont comptés : il doit être évacué avant le 3 septembre, sous peine d'expulsion par la force publique. Ce pavillon du quartier de la Pardieu, à Clermont-Ferrand, est occupé illégalement depuis près d'un an par des dizaines de migrants, dont un très nombreux mineurs isolés.

Des bénévoles de diverses associations de défense des droits de l'Homme avaient investi l'habitation - déserte - en octobre 2017, pour mettre à l'abri et œuvrer à l'intégration de plusieurs dizaines de mineurs isolés n'ayant pas été pris en charge par l'aide sociale à l'enfance (ASE). Entre 30 et 50 de ces adolescents, ainsi que plusieurs majeurs, se relaient ainsi dans le squat, où ils reçoivent l'accompagnement de bénévoles. "Ce squat tente de pallier les insuffisances et défaillances des dispositifs actuels d’accueil qui ne proposent rien à ces jeunes que la rue en attendant une reprise par l’ASE", explicite le collectif citoyen 63 squat 5E.
 
Mais suite à une longue action en justice intentée par les propriétaires de la construction, la cour d'appel de Riom a finalement ordonné, le 18 juillet 2018, l'évacuation du squat. Suite à divers rebondissements, elle pourra donc avoir lieu à compter du 3 septembre. La direction départementale de la cohésion sociale, après avoir procédé à un recensement partiel des migrants, a réalisé le 13 août une proposition de ré-hébergement dans l'ancien lycée Monanges, à Clermont-Ferrand. Proposition unanimement refusée par les bénévoles et migrants. "L'une des principales raisons de ce refus, c'est que cette proposition d'hébergement est sans aucune garantie de durée, pointe maître Jean-Louis Borie, avocat assurant la défense des mineurs isolés, ils pourraient donc se retrouver à la rue après deux semaines, comme cela s'est déjà vu par le passé."
 
Après plusieurs délais, la préfecture a pris acte du rejet de la proposition des associations. Dans un communiqué du 20 août, elle note : "Au terme du délai de réflexion accordé par le Préfet, les associations de soutien ont maintenu leur rejet de la proposition de l’État, agissant en cela contre l’intérêt des occupants du squat. En l’absence de libération volontaire des locaux, l’expulsion avec le concours de la force publique pourra être demandée par le propriétaire."

"À partir du 3 septembre, seuls les propriétaires peuvent réclamer l'expulsion et donc l'intervention de la force publique, remarque Jean-Louis Borie, qui espère tout haut, nous communiquons beaucoup avec eux et ils voient bien les efforts que déploient les bénévoles pour trouver une autre solution au plus vite : je les crois disposés à ne pas précipiter les choses, peut-être accepteront-t-ils de nous laisser un répit supplémentaire." Ils avaient en effet déjà donné leur accord à la préfecture pour un premier délai, au moment de la proposition de relogement.

Un appel citoyen a été lancé le 18 août par le collectif citoyen 63 squat 5E, appelant à "la création d'une structure d'accueil perenne pour les mineurs étrangers isolés en attente d'une reprise par l'aide sociale à l'enfance". Il a déjà été signé par une cinquantaine de médecins, enseignants, avocats et militants. "Une bonne dynamique semble s'être enclenchée pour organiser une table ronde avec tous les intervenants sur ce dossier, dont l'État, le Département, la Ville et le Rectorat, afin de trouver une issue acceptable à ce problème, souligne l'avocat, qui ajoute, des lieux vides, à Clermont-Ferrand, ce n'est pas ce qu'il manque. Reste à savoir si la Mairie acceptera de jouer le jeu, et surtout, comment aborder la question du financement d'une telle structure."
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