Coronavirus-Covid-19 : à Clermont-Ferrand, des heures d'attente aux caisses de certains supermarchés

Pic d'affluence dans les supermarchés de Clermont-Ferrand ce lundi 16 mars. / © S. Moccozet / FTV
Pic d'affluence dans les supermarchés de Clermont-Ferrand ce lundi 16 mars. / © S. Moccozet / FTV

À Clermont-Ferrand comme un peu partout en France ce lundi 16 mars, les habitants se ruent dans les grandes surfaces pour faire des provisions en attendant d'éventuelles mesures de confinement. Témoignages.

Par Camille Belsoeur

Ce sont des scènes jamais vues. Dans toutes les grandes surfaces, l'affluence de clients est exceptionnelle et certains rayons commencent à se vider. Alors que l'inquiétude grandit de jour en jour avec l'accélération du nombre de personnes contaminées par le Covid-19 (5 423 cas confirmés étaient comptabilisés en France le 15 mars), les Français font des provisions par crainte que de nouvelles mesures de confinement soient annoncées par Emmanuel Macron qui doit s'adresser au pays ce lundi 16 mars à 20 heures. 
 
 

"Il y a trois heures d'attente aux caisses"

Dans l'agglomération de Clermont-Ferrand, les mêmes scènes se répètent un peu partout. "Il y a trois heures d'attente aux caisses. On filtre le parking et on a des clients qui attendent leur tour avant de rentrer dans le bâtiment. Le problème c'est que les gens ont des comportements irrationnels. Ils ont peur de ruptures de stock alors qu'il n'y a pas de problème. Vous n'aurez peut-être pas votre marque de nouilles préférée, mais vous aurez une autre marque à disposition", témoigne Jean-Jacques Biamonti, le directeur du Leclerc de la Pardieu.

Le ministre de l'économie, Bruno le Maire, l'a affirmé ce lundi matin 15 mars lors d'une conférence de presse : la pénurie n'est pas à l'ordre du jour, et tout est fait pour l'éviter.
 
Aux caisses de l'Intermarché de la rue Fontgieve à Clermont-Ferrand, l'affluence est également démentielle. "C'est compliqué car cela n'arrête pas depuis ce matin. Il manque du personnel, car certains ont fait valoir leur droit de retrait pour s'occuper de leurs enfants. Il n'y a pas de rupture de marchandise mais les gens paniquent", confie Laurent Lafond, le directeur de l'établissement. 
 
 

"Je tiens par contre à féliciter les gens pour leur calme"

Cette cohue empêche les gens de faire preuve de distanciation sociale, une mesure prônée par les autorités qui appellent les gens à se tenir à au moins un mètre de distance pour empêcher une transmission du virus. "C'est compliqué en effet de faire respecter les distances entre les gens. Il nous faudrait une surface de magasin beaucoup plus grande pour cela. Je tiens par contre à féliciter les gens pour leur calme. On craignait des émeutes mais ce n'est pas du tout le cas", ajoute Laurent Lafond.

Du côté de l'Intermarché de Ceyrat à l'ouest de Clermont-Ferrand, le directeur Brice Meunier explique que "ses équipes ont mis des cordons de sécurité aux caisses pour que les gens puissent respecter le mètre de sécurité préconisé par le gouvernement".


Un appel à un comportement responsable des consommateurs

Si les ruptures de stock ne sont pas encore à l'ordre du jour, la cheffe d'équipe du Super U de Pont-du-Château (Puy-de-Dôme) explique que les rayons de pâtes, de papier toilette, d'essuie-tout et de bouteilles d'eau de son magasin sont vides ce lundi après-midi. "Mais nous allons être réapprovisionnés dès cette nuit par notre centrale qui a des stocks d'avance. Le problème c'est plutôt qu'on commence à manquer de personnel pour faire les mises en rayons", précise t-elle. "J'appelle à une consommation et à un comportement responsable et raisonnable. Les magasins seront réapprovisionnés, il faut être rassuré en cela, mais ce pic très brutal nous a apporté des problèmes de logistique", conclut Brice Meunier de l'Intermarché de Ceyrat.
 

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