L’un des derniers timbristes de France se trouve à Clermont-Ferrand

A Clermont-Ferrand, Thierry Malty confectionne des tampons en caoutchouc de façon artisanale. / © Laurant Pastural / France 3 Auvergne
A Clermont-Ferrand, Thierry Malty confectionne des tampons en caoutchouc de façon artisanale. / © Laurant Pastural / France 3 Auvergne

Thierry Malty fabrique artisanalement des tampons en caoutchouc dans une petite échoppe à Clermont-Ferrand. L’artisan utilise des procédés qui n’ont guère changé depuis le début du 20ème siècle. C’est l’un des derniers timbristes de France.

Par Virginie Cooke avec Laurent Pastural

Une façade verte, en bois, à l’ancienne. Un écriteau indique « fabrique de tampon ». Dans le quartier Delille, à Clermont-Ferrand, un artisan fait perdurer un patrimoine local en voie de disparition. Thierry Malty est l’un des derniers timbristes de France.

La boutique existe depuis 1934, à l’intérieur rien n’a  vraiment changé. Le temps semble s’être figé. Thierry Malty a repris les établissements Chalard en 2012. Il réalise des timbres en caoutchouc destinés à la réalisation de tampons artisanaux.

Il faut plusieurs heures pour fabriquer un tampon artisanal. / © Laurent Pastural / France 3 Auvergne
Il faut plusieurs heures pour fabriquer un tampon artisanal. / © Laurent Pastural / France 3 Auvergne



Un long processus totalement artisanal 



Pourtant rien ne prédestinait vraiment Thierry Malty à devenir timbriste. Prothésiste de formation, il a été tour à tour imprimeur, commerçant et chef d’entreprise dans le nettoyage avant de tomber sous le charme de cette vieille boutique.

«  Quand j’ai vu que ça existait encore, ça m’a ramené quelques années en arrière. Je me suis dis pourquoi pas et voilà je suis devenu timbriste ! », raconte-t-il.

Le travail de Thierry Malty est totalement artisanal. Créer un tampon est un long processus qui prend plusieurs heures. Il commence par la composition du texte en caractères d’imprimerie, il dispose d’environ  200 polices ou style d’écritures différents. Certaines de ces lettres de plomb datent du début du 20ème siècle.

« Contrairement à une page de livre ou un article d’un magazine où c’est très cadré, moi je peux laisser libre-court à toutes les fantaisies », s’enthousiasme Thierry Malty.

Le timbriste dispose de plus de 200 polices ou styles d'écriture différents pour composer ses tampons. / © Laurent Pastural / France 3 Auvergne
Le timbriste dispose de plus de 200 polices ou styles d'écriture différents pour composer ses tampons. / © Laurent Pastural / France 3 Auvergne


Concurrencé par internet 


Etape suivante : la réalisation d’un moule dans une sorte de bakélite. La matière exacte comme le temps de chauffage sont des secrets de fabrication. Une fois le moule réalisé, il reste encore l'étape de la vulcanisation du caoutchouc.

Le principal concurrent des établissements Chalard, c'est évidemment internet, plus rapide, parfois moins cher. Mais avec son procédé quasiment hors du temps Thierry ne joue pas vraiment dans la même catégorie.

Rencontre avec l'un des derniers timbristes de France


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