Prix de l'énergie : ce qui attend les étudiants de l'Université Clermont Auvergne

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Écrit par Emilie Mechenin .

Face à l'envolée des coûts de l'énergie, l'Université de Strasbourg a décidé de fermer ses portes aux étudiants deux semaines supplémentaires, avec un retour aux cours à distance. De son côté l'Université Clermont Auvergne annonce vouloir faire des économies autrement.

Il faudra attendre la fin du mois d'octobre pour connaître le plan de sobriété énergétique de l'Université Clermont Auvergne, mais son président, Mathias Bernard, fixe déjà une ligne de conduite : "plutôt que de faire une fermeture complète, nous allons faire une rationalisation".

Plusieurs pistes sont à l'étude pour diminuer la consommation d'énergie, mais une première nouvelle devrait rassurer les étudiants, éprouvés par l'isolement des cours en ligne ces deux dernières années. Les enseignements en présentiel devront rester la règle.

Les BU restent ouvertes

Si deux semaines de fermetures sont bien prévues, ce sera pendant les vacances des étudiants. Laboratoires de recherche et services administratifs ne devraient plus être accessibles les semaines du 19 décembre et du 13 février. Les contours précis de cette restriction sont encore en réflexion.

"On va regrouper le personnel administratif qui reste sur ces périodes de vacances, pour pouvoir mettre des bâtiments en hors-gel énumère Mathias Bernard. Pour les laboratoires, ce sera du cas par cas. Les équipements de sciences expérimentales ne peuvent pas être coupés et on va peut-être permettre l'accès à certains chercheurs."  Cependant, bonne nouvelle pour les étudiants qui ne partent pas pendant les vacances : les BU (Bibliothèques Universitaires) devront rester ouvertes ces deux semaines. 

Il vaut mieux que nos étudiants soient accueillis en collectif, plutôt qu'ils aillent chauffer leur logement et que le surcoût de l'énergie soit reporté sur eux.

Mathias Bernard, président de l'Université Clermont Auvergne

Objectif 19 degrés ?

Réduire le chauffage à 19 degrés est aussi une piste pour réduire la facture, mais son application s'annonce difficile. "Sur le site de Gergovia c'est catastrophique : en été, il y a des étudiants ou des étudiantes qui font des malaises et, en hiver, ils viennent avec leur plaid, s'exaspère Mayke Fustier, président du syndicat étudiant UNEF Auvergne. L'État devrait réinvestir dans les bâtiments, plutôt que de nous demander de nous serrer la ceinture." 

Une mauvaise isolation des bâtiments que confirme le président de l'université. "Pendant certains pics de froid, les 19 degrés ne sont pas atteints à certains endroits. On va donc baisser la température seulement là où on peut le faire, mais pour les deux tiers de nos 200 000 m2, ce sera inopérant." Pour Mathias Bernard, l'État doit rapidement réinvestir dans les bâtiments universitaires. 

Doublement de la facture

Pour faire des économies, l'université envisage de retarder au maximum le lancement du chauffage, "après les vacances de Toussaint, plutôt qu'au 10 octobre comme les autres années, mais tout dépendra de la météo". Autres pistes : arrêter l'éclairage le soir ou encore éteindre les appareils plutôt que les mettre en veille, mais le président de l'Université prévient : "on n'atteindra pas les 10 % d'économie, peut-être 2 ou 2,5 %".

Sur une année normale, pour l'Université Clermont Auvergne, l'énergie représente un budget de 6 à 7 millions d'euros. "On envisage son doublement pour 2023, on ne fera jamais suffisamment d'économie pour absorber le surcoût." Un surcoût qui inquiète le président de l'UNEF Auvergne : "on craint une augmentation des frais d'inscription en 2023".  

Cette année, encore plus d'étudiants et d'étudiantes sont contraints de se salarier, de demander des aides exceptionnelles ou de sauter des repas. L'augmentation des bourses (ndlr : 4%) est ridicule par rapport à l'inflation.

Mayke Fustier, président de l'UNEF Auvergne

Surcoût sur les denrées

Du côté du CROUS Auvergne, on nous l'assure, l'économie de 10 % d'énergie est atteignable "Sur nos deux derniers bâtiments réhabilités, on fait une économie de 47 %. Dans nos restaurants, la cuisson longue durée à 60 degrés est bien moins énergivore et on est passé à l'électrique pour les véhicules, c'est 15 000 euros d'économie sur les carburants", énumère Jean-Jacques Genebrier, directeur général. 

Avec la flambée des prix de l'énergie et des denrées alimentaires, les étudiants doivent-ils s'attendre à une augmentation des prix des repas et des loyers dans leurs CROUS ? "Il est trop tôt pour le dire, prévient Jean-Jacques Genebrier. S'il faut qu'on augmente les prix, mais que le politique décide du contraire, l'État devra compenser, comme pour les repas à 1 €." Une incertitude de plus pour les étudiants, dont le pouvoir d'achat est déjà grevé par l'inflation.

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