Quand une ancienne carrière devient un refuge pour la biodiversité

A quelques kilomètres de Clermont-Ferrand, une ancienne carrière a été transformée en écopôle. C'est l'endroit idéal pour une randonnée tout en profitant d'une incroyable biodiversité.

Connaissez-vous l’écopôle du Val d’Allier ? Il se trouve à Pérignat-sur-Allier et à la Roche-Noire, à quelques kilomètres de Clermont-Ferrand. Ici, la faune et la flore ont repris leurs droits. Des randonneurs sont venus cueillir des fleurs de sureau. Pour d'autres, l'heure est à la promenade et à la découverture des nombreuses espèces. Un randonneur indique : « On va observer les oiseaux, regarder un peu la nature, profiter du grand air. C’est une autre vision de l’Auvergne : cela change un peu des puys ».  Un autre ajoute : « Avant, il n’y avait qu’un seul observatoire. Maintenant, il y en a quatre ou cinq. La végétation a bien repris. C’est super intéressant de se balader ici et c’est très calme ».

250 espèces d'oiseaux recensées


Cet écosystème est le fruit de 20 ans d'aménagements d'une ancienne carrière, exploitée pendant un demi-siècle. Ce site industriel a laissé place à 135 hectares de nature où les animaux sont rois. Jean-Pierre Buche, maire de Pérignat-sur-Allier et président du Syndicat d’Études et d’Aménagement Touristique (SEAT), explique : « Je crois qu’il y a plus de 250 espèces d'oiseaux recensées sur le site, ce qui en fait le premier site en Auvergne en termes de fréquentation. Cela nous donne de l’espoir : si on se donne les moyens, si on essaie de réhabiliter des endroits comme celui-ci, on peut redonner la possibilité à une faune et à une flore qui ont été absentes de revenir et de se développer dans des conditions acceptables ». Il poursuit : « Depuis 2001, on a fait des aménagements qu’on qualifie de génie écologique. Tout simplement cela veut dire qu’on a fait des endroits où la faune peut se reproduire facilement, on a aménagé des roselières, on a fait des observatoires. Surtout, on a fait des sentiers sur lesquels les promeneurs peuvent profiter de cet espace qui redevient un espace naturel. Ce n’est plus un site industriel. On a choisi de faire en sorte que ce ne soit pas un sanctuaire mais que ce soit ouvert au maximum au grand public, mais avec des règles ».

Tous ces aménagements ont été réalisés en partenariat avec la LPO (Ligue de protection des oiseaux) Auvergne. On trouve ainsi :

 

des milans noirs

des sternes pierregarin

des grèbes huppés

des guêpiers d'Europe

des martins-pêcheurs d'Europe

des grandes aigrettes, des pygargues à queue blanche, des abeilles, des grenouilles vertes,  des papillons remarquables... sans oublier 

les crapauds calamites

60 000 visiteurs par an

Le lieu n'en reste pas moins fragile. Alors ici, même la gestion du site est en harmonie avec la nature. Pascal Bruhat, maire de La Roche-Noire et vice-président du Syndicat d’Études et d’Aménagement Touristique, précise : « Il y a des activités d’écopâturage, qui sont des tondeuses écologiques qui permettent d’entretenir les lieux. On a des moutons qui sont à l’œuvre, qui entretiennent le site de façon écologique et sociale. Le fait d’avoir des moutons et des chevaux crée du lien et de l’intérêt sur le site ». 

Chaque année, 60 000 personnes sillonnent les chemins de l'écopôle. Un chiffre en constante évolution et un défi pour que l'endroit conserve toute sa beauté.

Propos recueillis par Julien Boscq / France 3 Auvergne