TEMOIGNAGES. Prix des fournitures scolaires : “L’allocation de rentrée ne suffit plus”

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J-7 avant la rentrée scolaire. La course aux fournitures est lancée. Mais la flambée des prix reste l’obstacle à franchir avant le retour en classe. Dans un supermarché de Clermont-Ferrand, nous sommes allés à la rencontre de familles qui jonglent entre inventivité et restrictions pour équiper leurs enfants.

Accroupie au milieu du rayon fourniture de ce supermarché situé au nord de Clermont-Ferrand, Elodie scrute les étiquettes de prix. Accompagnée de ses deux enfants, âgés de 11 et 14 ans, la course aux fournitures scolaires est un véritable casse-tête pour la mère de famille. La trentenaire semble en souffrance face aux envies inévitables de ses enfants : “10 euros l'agenda. Non, c’est trop cher”, rétorque Elodie à ses enfants. Mais la mère de famille finit par céder. “J’aurais pu lui prendre un agenda à 3 euros mais elle rentre en sixième, justifie-t-elle. On a tous un peu vécu ça : la pression du groupe. Ils comparent tous leurs affaires entre eux. Si on n’est pas un petit peu à la mode, on est tout de suite exclu”. Alors, Elodie n’a pas le choix et se soumet aux désirs fastueux de ses deux enfants. Mais la mère de famille a des limites. Avec son salaire d’AESH (accompagnante d'élèves en situation de handicap), elle n’arrive pas toujours à suivre les envies de Léa et Thibault. Elle essaie donc de faire preuve d’inventivité pour économiser : “On s’aide entre collègues de travail. Les fournitures qui n’ont pas été utilisées par les enfants de mes collègues l'an dernier, ils me les donnent. Et inversement”. 

Ruée sur les promotions 

Calculatrice à la main, Cindy remonte ses lunettes tout en examinant la liste de fournitures. Détrompez-vous, la calculatrice ne servira pas pour sa fille de 11 ans qui rentre en sixième, mais plutôt pour ne pas dépasser le budget : 200 euros pas plus. Chaque année, la rentrée est un moment douloureux pour le porte-monnaie de Cindy. La mère de 5 enfants doit alors faire preuve de stratégie pour ne pas entamer la rentrée scolaire dans “le rouge”. “On achète tout en lot, indique-t-elle. J’ai 5 enfants dont 4 qui sont scolarisés donc je compte beaucoup sur les promotions sur les gros lots. Et puis je n’achète pas tout. Le plus grand donnera son cartable trop petit à la dernière et ainsi de suite. Hors de question que j’achète pour jeter”, lance la quadragénaire. Autre rayon, autre stratégie. Cécile confie n’acheter que les premiers prix. “Pour un stylo, un cahier, ou une trousse, on n’a pas besoin de se jeter sur de la marque. Le moins cher suffit amplement”, juge-t-elle. 

Une aide “insuffisante” 

Quelques rayons plus loin, Hamid et sa fille Sarah,14 ans, hésitent entre deux cartables. Le jeune retraité s’estime “ruiné” depuis son retour de vacances mais le père de famille n’est pas au bout de ses peines. “Je vais dépenser environ 150 euros pour les fournitures scolaires. Sachant que je ne compte pas les vêtements de sport, les nouvelles baskets, l’abonnement de bus pour qu’elle aille au collège. Tout ça aussi ça coûte cher”. S'il considère toutes ces dépenses annexes, il estime en avoir pour plus de 500 euros uniquement pour sa fille cadette. Comme des milliers de foyers modestes, Hamid perçoit l’allocation de rentrée scolaire. Elle varie entre 398 et 434 euros en fonction de l’âge. Hamid perçoit le montant maximal de cette allocation mais estime tout de même qu’elle est insuffisante : “Je dois rajouter 100 ou 200 euros en plus pour tout acheter. L’allocation de rentrée ne suffit plus. Et je vous garantis que j’achète pas d’écrans plats à ma fille”, ironise Hamid. 

Près de 11% d’inflation 

Ce qui coûte le plus cher, selon le père de famille, ce sont les livres, cahiers et classeurs. En comparant ses achats pour sa cadette, maintenant, et son aîné, il y a dix ans, les prix ont "quasi doublé" selon lui. Une hausse des prix confirmée par UFC Que Choisir. L’association de défense des consommateurs a révélé, ce 28 août, dans une enquête, une hausse de 11 % du prix du panier de fournitures scolaires par rapport à l’année dernière. Comme en témoigne ce graphique, à partir des données d’UFC Que Choisir, la papeterie remporte la palme de la plus grosse augmentation en un an, avec une hausse de 14%. 

Les familles doivent donc subir cette hausse du prix des fournitures scolaires cumulée à une augmentation des prix de l'alimentaire dans la grande distribution qui se poursuit : + 12,7% sur un an (en juillet), selon l'INSEE

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