Fermeture d'un lycée dans le Puy-de-Dôme après des menaces de mort : ce que l’on sait de l’enquête

Pour le deuxième jour consécutif, mardi 12 janvier, l’accueil des élèves est temporairement suspendu au lycée Pierre-Joël-Bonté de Riom, près de Clermont-Ferrand. Après des menaces de mort envoyées sur Internet une semaine plus tôt, les investigations se poursuivent. Une garde à vue est en cours.

Mardi 12 janvier, les cours du lycée Pierre-Joël-Bonté de Riom près de Clermont-Ferrand sont toujours suspendus.
Mardi 12 janvier, les cours du lycée Pierre-Joël-Bonté de Riom près de Clermont-Ferrand sont toujours suspendus. © Valérie Riffard / FTV

Mardi 12 janvier, les cours n’ont pas repris en présentiel au lycée Pierre-Joël-Bonté de Riom, près de Clermont-Ferrand. Pour la deuxième journée consécutive, l’accueil des élèves est encore temporairement suspendu. Béatrice Humbert, chargée de communication du rectorat de Clermont-Ferrand, indique : « Ce mardi, l’accueil des élèves est toujours temporairement suspendu. Les cours sont assurés en distanciel. On attend d'en savoir plus. Les résultats de l’enquête ne seraient peut-être pas imminents ».

Le contexte actuel général pousse à une extrême prudence

La semaine dernière, des menaces avaient été envoyées sur l’ENT, l'espace numérique de travail, de l’établissement. Des menaces prises très au sérieux. Eric Maillaud, procureur de la République de Clermont-Ferrand, en détaille le contenu : « Ca a commencé par des messages à caractère sexuel et orduriers pour être ensuite plus violents, avec à la fois des menaces de violences sexuelles ou physiques, menaces de mort, menaces de viol. Il y a eu ensuite une image de type djihadiste que l’on peut trouver aisément n’importe où sur Internet. Ces menaces ont été inquiétantes pour ceux qui les recevaient, conseiller d’éducation et élèves de l’établissement. Le contexte actuel général pousse à une extrême prudence même si on espère tous que c’est davantage un très mauvais plaisantin qui s’amuse à faire peur et ça marche, que véritablement une menace particulièrement angoissante. Comme aucune piste ne peut être écartée, il faut mener l’enquête jusqu’au bout dans l’espoir que l’on trouve car on peut aussi ne pas trouver ».

Un lycéen en garde à vue

Un lycéen de 15 ans de l’établissement avait alors été placé en garde à vue. Un autre l'avait été durant le week-end. Eric Maillaud, procureur de la République de Clermont-Ferrand, poursuit : « Le lycéen devait peut-être être libéré ce matin pour pouvoir récupérer d’autres éléments. La garde à vue expirait au plus tard à 10h45 ce matin. Il n’y a a priori pas d’évolution notable à cette heure-ci. L’enquête ne s’est évidemment pas poursuivie cette nuit. Le lycéen nie toujours les faits. L’enquête se poursuit. On est sur des investigations informatiques qui peuvent être extrêmement complexes et prendre beaucoup de temps ». D'après l'AFP, un troisième lycéen a été placé en garde à vue mardi 12 janvier. Cette troisième garde à vue fait suite aux auditions de deux autres élèves de l'établissement, respectivement placés en garde à vue le week-end dernier et lundi avant d'être remis en liberté. Cette nouvelle garde à vue, mardi, "a débuté sans résultats tangibles à cette heure", a précisé à l'AFP le procureur de la République de Clermont-Ferrand, Eric Maillaud.
 

Certains messages semblent provenir de Hong-Kong

Un service dédié de policiers clermontois essaie de remonter la trace des messages. « Il y a un service auprès du SRPJ qui est spécialisé dans les recherches informatiques. Ce ne sont pas des recherches compliquées. Certains messages semblent provenir de Hong-Kong. Vraisemblablement on a utilisé un VPN, qui est une technologie absolument enfantine pour un adolescent un petit peu geek et qui permet de faire croire qu’un message a été envoyé depuis l’autre bout du monde ou en passant par plusieurs VPN, ce qui est totalement intraçable » confie Eric Maillaud.
Laurent Wauquiez, président (LR) du Conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes, s’est rendu lundi 11 janvier en fin d’après-midi à Riom. Il souligne : « Menacer des élèves, menacer des enseignants, menacer un lycée n’est jamais quelque chose qui doit être pris à la légère, surtout après les drames qu’on a vécus. Maintenant il faut qu’on garde notre sang-froid, il faut qu’on laisse la justice faire son travail. Ce qui est sûr c’est que des mesures de protection seront prises, on ne rouvrira pas l’établissement n’importe comment ni à la légère. C’est une décision importante que nous prendrons tous en commun ».

Un autre lycée menacé

Par ailleurs, un autre lycée du Puy-de-Dôme a aussi fait l’objet de menaces. Il s’agit du lycée Pierre-Boulanger de Pont-du-Château. Le procureur de la République affirme : « A Pont-du-Château, le lycée a reçu des menaces d’agression physique qui aurait dû se dérouler hier. Dieu merci rien ne s’est produit. Le message reçu était inquiétant par rapport à son contenu. Une enquête est en cours pour essayer d’identifier l’adresse de l’auteur ». Pour l’heure aucun lien n’est établi avec les menaces du lycée riomois. Les cours sont assurés ce mardi 12 janvier. « Pour le lycée Boulanger, il est a priori ouvert aujourd’hui. Il y a eu un mail menaçant de reçu. Des mesures de précaution ont été prises dans la journée d’hier, mais sans entraîner la fermeture du lycée. La gendarmerie était présente hier sur les lieux » conclut Béatrice Humbert, chargée de communication du rectorat de Clermont-Ferrand. Dans les deux affaires, les menaces reçues sont prises très au sérieux.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
faits divers sécurité société éducation