Le parc animalier d'Auvergne accueille de nouveaux pensionnaires : une panthère, une lionne et un takin

Une panthère des neiges, un takin doré et une lionne de l'Atlas, venus de Pologne et République tchèque, sont hébergés au parc animalier d'Auvergne depuis samedi 13 avril. Le but des équipes du zoo est de favoriser la reproduction des 3 espèces en danger d'extinction.

Les girafes, les pandas roux et les panthères de l’Amour du parc animalier d'Auvergne ont de nouveaux voisins : une lionne de l'Atlas, une panthère des neiges et un takin doré, trois animaux en danger d'extinction.

"Espero, le mâle panthère des neiges, a 2 ans et demi. Il vient de Plock en Pologne. Nora, la lionne de l'Atlas, a 1 an et 9 mois, elle vient de Dvůr Králové en République tchèque. Dom, le takin doré, vient aussi de République tchèque, du zoo de Liberec. Il a tout juste 1 an", précise Denis Michaux, directeur général adjoint du parc animalier.

Pour aider la lionne et le takin à parcourir les plus de 1 300 km qui séparent leur lieu d'origine au village d'Ardes-sur-Couze dans le Puy-de-Dôme où est situé le parc animalier d'Auvergne, mais aussi la panthère qui était à plus de 1 800 km de là, le zoo a fait appel à une entreprise spécialisée dans le transport d'animaux sauvages. 

"On travaille depuis plusieurs années avec ce transporteur français qui a des caisses adaptées et des sondes de températures d'hygrométrie pour mesurer l’état des animaux pendant le transport. Il s'arrête pour faire des pauses, nourrit et abreuve les animaux s'ils en ont besoin. Le voyage a duré quasiment 36 heures. Il s'est très bien passé", explique celui qui est aussi vétérinaire depuis 3 ans au zoo. 

S'acclimater à un nouvel environnement  

Dès leur arrivée à bon port, les animaux ont découvert leur nouvel environnement. Si certains semblent s'être très vite acclimatés, ce n'est pas forcément le cas de tous.

"Souvent, les animaux sont un peu stressés à cause du voyage, aussi parce qu'ils changent complètement d'univers. Les réactions sont différentes selon le type d'individu. Le takin est sorti tranquillement du camion. Il est descendu avec beaucoup de curiosité. Il était assez zen, on n’avait pas l'impression qu'il était stressé." 

 

"La lionne, en revanche, était beaucoup plus anxieuse lors de son déchargement. Elle est sortie de sa caisse sur la défensive"

 

"Le mâle panthère des neiges est sorti tout doucement de la caisse de transport. Il était super calme."

Programmes de reproduction européens 

Animaux d'Afrique, d'Asie, d'Europe ou d'Amérique, au total, 350 animaux de 60 espèces rares vivent à ce jour au Parc animalier d'Auvergne. Engagé dans la protection de la biodiversité et des espèces en voie de disparition, le zoo participe à des programmes de reproduction européens dont l'objectif est de maintenir une population stable d’individus en vue de futures réintroductions dans leur milieu naturel.

"On a déjà une femelle panthère des neiges. Généralement, pour que le nouvel animal s'habitue au bâtiment, à l'enclos, on attend un peu avant de les mettre ensemble. Mais la femelle nous a montré des signes de chaleur très vite. Elle était prête à recevoir le mâle. Les chaleurs chez les panthères des neiges n'arrivent pas si souvent que ça. On ne les observe parfois que 2 fois dans l’année. Donc, on n’a pas attendu et on les a mis ensemble quelques heures après l'arrivée d'Espero. Ça s'est super bien passé. Ils se sont rencontrés de manière très fluide, très douce. Ils se sont même accouplés quelques heures après", raconte M. Michaux. 

Les programmes de reproduction européens concernent 80% des espèces hébergées au parc animalier d’Auvergne.

"L'idée de ses programmes, c'est de favoriser la diversité génétique et d'éviter la consanguinité au sein de ces populations captives. Permettre ainsi d'avoir une population saine le plus longtemps possible", complète le professionnel. 

Le parc animalier d'Auvergne a été fondé en 1984. Il a été construit sur 45 hectares, à 750 mètres d'altitude. Autant d'atouts qui favorisent l'accouplement des animaux, selon le directeur général adjoint. 

"On est en pleine nature, à la pointe du massif du Cézallier. Ce milieu montagneux, c'est vraiment un environnement adapté à certains animaux, comme la panthère des neiges et le takin justement. Nos enclos sont aussi très grands par rapport à d'autres parcs zoologiques. Ça permet aux animaux de reproduire certains comportements naturels et donc ça favorise la reproduction".

Il ne resterait que quelques milliers de panthères des neiges en Asie centrale et entre 20 000 à 40 000 lions de l'Atlas en Afrique. Le takin est quant à lui considéré comme un animal archaïque, survivant d'une faune disparue. 

Les panthères des neiges, les lionnes de l'Atlas et les takins sont 3 espèces classées vulnérables sur la liste rouge de l'UICN, l'union internationale pour la conservation de la nature.