Puy-de-Dôme : une association alerte sur les conditions de vie des gens du voyage

Les gens du voyage sont contraints de quitter le terrain alloué par la mairie de Volvic. / © Mariette GUINET/FRANCE 3 AUVERGNE
Les gens du voyage sont contraints de quitter le terrain alloué par la mairie de Volvic. / © Mariette GUINET/FRANCE 3 AUVERGNE

La mairie de Volvic (Puy-de-Dôme) a tenté d'aménager une aire d'accueil provisoire destinée aux gens du voyage, afin de leur permettre de passer l'hiver. Trois familles devaient s'y installer, mais face à l'indignation des riverains, elles ont été contraintes de plier bagage.

Par Solenne Barlot

Les trois familles installées temporairement sur une aire à Volvic, dans le lieu-dit de Crouzel, vont devoir quitter les lieux. Après que la mairie ait donné son accord et promis d'installer l'électricité et l'eau courante, ce sont les nombreuses plaintes des riverains qui les poussent finalement à partir. Ils rejoignent plusieurs autres familles en itinérance forcée : les aires déjà existantes sont surchargées et insalubres. Les familles se voient épiées par des voitures de riverains faisant des allers-retours devant l'aire, elles ne se sentent pas en sécurité.

Pourtant, les gens du voyage sont présents depuis longtemps dans le secteur : un terrain attenant est déjà occupé par une autre famille de voyageurs, qui y vivent de manière sédentarisée. Pour autant, les riverains sont montés au créneau dimanche 13 octobre lorsqu'ils ont constaté la présence des nouveaux occupants, les forçant à repartir sur les routes. Parmi les 16 occupants, une petite dizaine d'enfants, dont un bébé de 17 jours. Retourner sur une des 18 autres aires que compte le Puy-de-Dôme n'est pas envisageable, pour des raisons d'hygiène. 

On vit une vie déplorable

"On vit une vie déplorable, on n'a pas d'hygiène pour les enfants, on n'a rien du tout. Nos chiens sont morts parce que c'est infesté de rats. On gêne les gens, ils nous le disent, mais on n'a pas d'autre solution. Ce n'est pas une vie, on est avec les rats, les ordures...nous on veut une vie normale avec un peu d'eau, un peu de courant, un emplacement où on ne dérange pas, une vie comme ça !" déclare le père de l'une des familles de l'aire de Ladoux, de son surnom Lorenzo. 

"C'est lié à une peur de l'inconnu, une peur de l'autre. Dès qu'ils s'installent quelque part, il y a des pétitions, des appels à la police. L'accueil est hostile", constate Patrice Pons, président de l'AGSGV 63 (Association de Gestion du Schéma des Gens du Voyage du Puy-de-Dôme). Selon lui, le problème ne se situe pas uniquement à Volvic. Plusieurs projets d'aménagement à destination des voyageurs ont été abandonnés dans le Puy-de-Dôme à cause de la réticence des riverains.

Un enjeu départemental

Pour le maire de Volvic, Mohand Hamoumou, toutes les communes doivent y mettre du leur :"Une commune ne peut pas traiter seule ce problème. Ce n'est pas parce qu'elle a eu l'idée généreuse de faire une aire d'accueil sans y être obligée il y a 15 ans, qu'elle doit accepter toutes les descendances. Si chaque commune accueille quelques familles, l'intégration sera beaucoup plus facile. Trop d'enfants d'une même communauté dans une classe complique l'intégration, et on sait que l'intégration passe par l'école."

Aujourd'hui, ce sont plus de 900 familles dans le département qui sont dans le besoin d'habitat, contre 685 en 2011. "La population est là, elle augmente, ce sont des citoyens français depuis des lustres mais ils subissent une discrimination liée à une grosse représentation négative et on n'arrive pas à les sortir de cette situation", déplore Patrice Pons. Pour lui, un engagement ferme des communes est indispensable pour briser le cercle vicieux de l'exclusion.

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