Puy-de-Dôme : les débuts prometteurs du tracteur électrique

A Saint-Beauzire dans le Puy-de-Dôme, des entrepreneurs ont développé une gamme de tracteurs électriques. Ils sont convaincus que les agriculteurs opteront progressivement pour l’électrique.
 

Installée dans la plaine de la Limagne, à Saint-Beauzire, dans le Puy-de-Dôme, l’entreprise Sabi Agri est en plein développement. Créée en 2017, elle a mis au point un tracteur 100 % électrique. Alexandre Prévault était installé en maraîcher bio près de Clermont-Ferrand. Il a trouvé qu’il lui manquait un matériel agricole. Comme il est par ailleurs ingénieur mécatronicien, l’idée lui est venue de concevoir un produit. Il a alors pensé un tracteur électrique. Aujourd’hui l’entreprise propose une gamme de 3 tracteurs et compte pas moins 13 collaborateurs.

On a revu intégralement la notion de tracteur

Laure Prévault Osmani, est la cofondatrice et directrice de l’entreprise. Elle raconte : « On est les premiers à produire et à commercialiser un tracteur électrique. On a revu intégralement la notion de tracteur. On est venu s’affranchir de tout ce qui était nécessaire à des tractions diesel, pour remettre l’agriculteur au centre de son matériel. Un agriculteur n’a pas par exemple d’un tracteur avec le nez à l’avant. Il a besoin d’être proche de son sol, d’avoir une visibilité forte et un confort accru et de gérer ses charges. A partir de ce cahier des charges, on est parti d’une page blanche et on a pu concevoir notre tracteur. Aujourd’hui on a une demande très forte sur nos produits. Les agriculteurs sont en recherche d’une façon plus verte de faire leur métier ». Dans la gamme, il y a un tracteur qui s’adresse davantage aux maraîchers, aux petites surfaces, un autre pour le monde viticole et enfin un dernier 4X4 qui convient à tous les terrains. Les tracteurs sont sur-mesure.

Un choix motivé

Pour Laure Prévault Osmani, différents critères vont guider l’agriculteur à opter pour l’électrique. Elle souligne : « L’équation environnementale rentre en jeu. Pour produire une calorie alimentaire, il faut dépenser 10 calories de pétrole. Avec notre tracteur, on a besoin d’une calorie électrique pour produire une calorie alimentaire. Si on va plus loin, avec des panneaux photovoltaïques ou une station de méthanisation, on peut être sobre énergétiquement. Il y a aussi tous les bienfaits de l’électrique : on n’a plus de gaz à effet de serre. On propose aussi des tracteurs légers, qui permettent plus de biodiversité et de vie microbienne ».

Le facteur économique

Elle ajoute : « Le facteur économique est pris en compte par les agriculteurs. Pour faire une agriculture plus sobre, il faut passer plus souvent dans les champs. Ca implique de la main d’œuvre supplémentaire et le coût du pétrole. Grâce à notre tracteur, vous pouvez avoir recours à une télécommande. Pour une heure de travail, on est à 4,60 euros avec un tracteur thermique, en incluant le gasoil et la maintenance, alors qu’avec notre tracteur, on est à 60 centimes, en incluant la maintenance et le coût de l’électricité ». A l’achat, un tracteur électrique est 10 à 15 % plus cher qu’un tracteur traditionnel. La directrice de Sabi Agri est convaincue du développement à venir de ce secteur : « C’est une évidence. Le thermique tire ses dernières années. Toute l’agriculture va bifurquer. Il y a déjà énormément d’outillages qui sont électriques ».

Nous n’en sommes qu’aux débuts

Manon Bossa est chargée de mission agro-équipement à la FRCUMA, Fédération régionale des coopératives d’utilisation du matériel agricole. Elle confirme l’intérêt des agriculteurs pour l’électrique : « L’électrique est plutôt en questionnement qu’en développement dans la région. Il y a quelques groupes pilotes qui font des essais, qui se renseignent. Nous n’en sommes qu’aux débuts ».

Une prise de conscience écologique

Elle rappelle que les raisons qui convainquent les agriculteurs de basculer vers l’électrique : « Il y a des équipements électriques, notamment pour nettoyer les talus. Le raisonnement des agriculteurs se fait par rapport aux économies de gasoil. Ce sont aussi des outils qui peuvent être assez évolués et adaptés. Ils profitent de l’électrique pour avoir recours à des technologies de pointe. La prise de conscience écologique est aussi dans les préoccupations ». A ce jour, l’entreprise Sabi Agri est en cours d’une production d’une flotte d’une vingtaine de tracteurs. C’est le signe du développement de ce secteur prometteur.

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