Lyon : “Je suis déterminé”, amputé des 2 bras il y a 22 ans, Felix attend une double greffe.

Felix Gretarsson fait 4 à 5 séances de sport chaque semaine: "Mon anesthésiste m'a dit Imagine que tu vas courir un marathon de 40 heures" / © France 3 Rhône-Alpes/Laure Crozat
Felix Gretarsson fait 4 à 5 séances de sport chaque semaine: "Mon anesthésiste m'a dit Imagine que tu vas courir un marathon de 40 heures" / © France 3 Rhône-Alpes/Laure Crozat

Felix Gretarsson, un islandais amputé de deux bras est installé à Lyon dans l’espoir d’une greffe qui changerait sa vie.

Par Valérie Benais

Felix est en plein effort dans une salle de sport à Lyon: "Mon anesthésiste m'a dit «Imagine que tu vas courir un marathon de 40 heures». Plus je souffre avant l'opération, moins je souffrirai après." 

Le 12 janvier 1998, aux confins du cercle polaire, la vie de Felix Gretarsson basculait, le jeune électricien islandais de 26 ans était électrocuté sur une ligne à haute tension, au sommet du mât une décharge de 11.000 volts brûlait ses mains et le projetait sur le sol gelé. Le jeune père de famille, victime de multiples fractures et dont les organes internes étaient également touchés, a passé trois mois dans le coma durant lesquels il a dû subir de multiples opérations mais les médecins n’ont pu sauver ses bras infectés et ont dû l'amputer. Mais assez vite, Felix s’est intéressé aux greffes de mains et aux exploits des pionniers lyonnais.
 

À la recherche du chirurgien lyonnais


En 2007, il découvre que le professeur Jean-Michel Dubernard, célèbre chirurgien lyonnais dont l’équipe a réalisé la première greffe mondiale de mains, donne des conférences à Reykjavik. Il appelle tous les hôtels de la capitale islandaise pour le localiser et obtenir un rendez-vous. C’est le début d’un nouvel espoir qui le conduira à vendre tout ce qu’il possède sur la terre glacée, organiser aussi des ventes de charité, pour pouvoir venir en France et effectuer les premiers tests en vue de bénéficier de ce qui sera une nouvelle première médicale. En 2011, les médecins lyonnais acceptent d’envisager la transplantation malgré les risques d’échec. « Je suis le candidat parfait, dit Felix, parce que j’ai déjà subi une greffe de foie, je déjà prends déjà un traitement anti-rejet à vie ».
 

Emménagement à Lyon


En 2013, il décide de déménager dans l’agglomération lyonnaise pour commencer le long travail préparatoire à la chirurgie. Après avoir surmonté aussi une série d’obstacles administratifs, il est sur liste d‘attente depuis 3 ans et demi et à ce jour attend toujours un donneur. Il garde constamment son téléphone allumé et ne s’éloigne pas de Lyon, quand sonnera l’heure de la transplantation il faut qu’il soit à moins d’une heure de route de l’hôpital. "Pour moi, ça ne change absolument rien que Felix ait des bras ou pas" nous explique sa femme Sylwia, "Ce qui est le plus important, c'est qu'il puisse accomplir son rêve. C'est son rêve et c'est un projet qui a commencé il y a tellement longtemps, donc pour lui il n'y a aucune option, aucune possibilité d'aller en arrière."
 

20 ans de la première greffe de mains


En vingt ans depuis l’opération de Denis Chatelier, six autres patients ont été greffés au sein des Hospices Civils de Lyon. Ces interventions reposent sur un acte chirurgical long et complexe mené par une équipe pluridisciplinaire. Felix se prépare pour une opération qui durera entre 30 et 40 heures. Le patient doit aussi suivre toute sa vie une thérapie immunosuppressive qui l’expose à des complications médicales liées à la diminution de ses défenses immunitaires et à la toxicité des médicaments utilisés.
 

Manque de donneurs


Le manque de donneurs est également une problématique importante face aux nouveaux enjeux des équipes de greffeurs. Ainsi à la mi-janvier 2020, l’équipe médicale a appelé Felix pour lui demander de se tenir prêt… pour finalement lui infliger une énorme déception en lui annonçant que la famille du donneur potentiel avait refusé le don. « Je comprends et c’est compliqué de dépendre du malheur des autres, avoue Felix, ce don je ne le prends pas à la légère et il doit être  fait avec le cœur. En plus, pour moi la greffe n’est pas vitale, mais elle changera ma vie radicalement. Je pourrais enfin serrer ma nouvelle épouse dans mes bras, ne plus être dépendant dans tous les gestes de la vie quotidienne, manger, me laver les dents ou ne serait-ce que me gratter la tête ».

Felix a aujourd’hui 47 ans mais sa détermination à voir son rêve se réaliser à tout prix reste intacte. Il a fait trop de chemin depuis son accident et son île de glace pour renoncer.

Une de nos équipes a pu rencontrer Felix:
 
En attente de greffe
Felix Gretarsson a quitté l'Islande pour Lyon dans l'espoir de se faire greffer 2 bras - France 3 Rhône-Alpes - France 3 Rhône-Alpes

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