L'auteur de lettres de menaces au maire de Givors condamné à un an de prison

L'auteur de plusieurs lettres de menaces adressées au maire de Givors (Rhône) et à une habitante, a écopé d'une peine d'un an de prison dont 6 mois avec sursis, ce vendredi 4 septembre, devant le tribunal de Grande Instance de Lyon.
Le maire de Givors, Mohamed Boudjellaba, avait reçu plusieurs lettres d'insultes racistes et de menaces graves, peu après son élection.
Le maire de Givors, Mohamed Boudjellaba, avait reçu plusieurs lettres d'insultes racistes et de menaces graves, peu après son élection. © Richard Mouillaud / Maxppp
Un an d'emprisonnement, dont six mois avec sursis. Patrick P., l'auteur de plusieurs lettres d'insultes et de menaces à connotation raciste adressées au maire de Givors et à une habitante, comparaissait devant le tribunal de Grande Instance de Lyon, ce vendredi 4 septembre, au lendemain de son interpellation.
 

Il s'est excusé...

Les juges ont suivi intégralement les réquisitions du procureur : 6 mois de prison ferme (substituable par une surveillance sous bracelet électronique), 6 mois avec sursis, ainsi que l'obligation de recevoir des soins et de suivre un stage de citoyenneté. Le sexagénaire, auteur d'au moins 5 lettres d'insultes et de menaces de mort envers le maire, ainsi que de missives similaires à l'encontre d'une de ses voisines, a été présenté en comparution immédiate, au lendemain de son interpellation par les forces de l'ordre à Givors. A la barre, il a reconnu les faits, pour lesquels il a présenté ses excuses, et affirmé qu'il n'avait "pas de haine".
 

"Fous le camp, bougnoule!"

Le maire de Givors, Mohamed Boudjellaba, avait dénoncé publiquement une des lettres qui lui était adressée en août dernier : "4 pages de calomnie, de haine raciale et de menaces", indiquait l'élu sur son fil Twitter. Il avait porté plainte dans la foulée. Le maire EELV, fraichement élu, avait dévoilé sur les réseaux sociaux des extraits du courrier : "fous le camps bougnoule, si tu ne veux pas brûler comme une merguez", écrivait par exemple le corbeau.
   
A la barre, l’auteur des courriers anonymes a également reconnu avoir adressé d’autres courriers de même nature, notamment à madame Brigitte Macron et au premier ministre Jean Castex. 

Confondu par des lettres à une voisine

C'est une autre lettre anonyme similaire, visant une habitante de Givors fin 2018, qui a permis de confondre le corbeau. Une jeune femme avait porté plainte et soupçonnait le compagnon de sa voisine. Elle avait signalé aux policiers que l'écriture des lettres qui lui étaient adressées était semblable à celles rendues publiques par le maire de Givors. Et elle désignait son voisin comme suspect : "je ne m'entendais pas avec mes voisines du dessus. L'une d'elle sortait avec cet homme et je savais qu'il envoyait des lettres aux gens. Parfois des insultes fusaient dans l'immeuble, ("Bougnoule!) les mêmes que dans les lettres", témoignait la première victime du corbeau de Givors.



De nombreux habitants et diverses personnalités politiques avaient réagi et témoigné leur soutien à l'édile Mohamed Boudjellaba, notamment le ministre de la Justice, Eric Dupont-Moretti, et le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin.


 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
faits divers justice société