Auvergne-Rhône-Alpes : les petites entreprises alertent sur l'impact des grèves

L'Union des entreprises de proximité d'Auvergne-Rhône-Alpes alerte sur les pertes engendrées par les mouvements sociaux. Après les manifestations de "gilets jaunes", les commerces de centres-villes craignent une chute d'activité "fatale".
Débordements en marge de la manifestation contre la réforme des retraites à Lyon, le 10 décembre 2019.
Débordements en marge de la manifestation contre la réforme des retraites à Lyon, le 10 décembre 2019. © Joël Philippon / Maxppp
"Une chute de l'activité sera fatale pour nos entreprises". L'Union des entreprises de proximité (U2P) en Auvergne-Rhône-Alpes, qui fédère les artisans, commerçants et professions libérales de la région, alerte sur les pertes économiques engendrées par les mouvements sociaux actuels sur les petites entreprises.

 

Baisse de 25 à 50% du chiffre d'affaires

Dans un communiqué publié ce mercredi 18 décembre, l'organisation qui représente notamment les acteurs économiques de centre-ville dénonce les "conséquences désastreuses" du blocage des transports publics. Selon l'U2P, "le commerce de proximité constate une baisse du chiffre d’affaires de 25 (...) à 50 % dans certains métiers de certaines villes."  Une situation d'autant plus dramatique en pleines fêtes de fin d'années : à cette période, "les entreprises de l’artisanat, du commerce alimentaire de proximité et de l’hôtellerie-restauration, réalisent en moyenne 30 % de leur chiffre d’affaires annuel,"  explique Pascale Jouvanceau, présidente de l'U2P.

 

"Gilets jaunes" et années noires 

Les difficultés pour les petits commerces s'accumulent après une année 2018 déjà catastrophique. Selon la Chambre de Commerce et d'Industrie, plus de 20 samedis de manifestations de "gilets jaunes" avaient conduit à des pertes de -20 à -40% de chiffre d'affaires en moyenne, pour une PME sur 3 de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Ce bilan économique a donné lieu à la mise en place d'aides spécifiques, sans parvenir à compenser les pertes. "L'année dernière, les manifestations n'avaient lieu que le samedi, et pourtant certains commerces ont perdu jusqu'à 60% de leur chiffre d'affaire, ils ont dû licencier des salariés", affirme Pascale Jouvanceau. Or cette année, les manifestations ont aussi lieu en semaine, et les grèves ralentissent l'activité au quotidien.

 

Pertes sèches

Une grande partie de ces pertes ne sera jamais retrouvée par les petits commerces. Car une alternative progresse au détriment des commerces physiques : le e-commerce. Celui-ci affiche des chiffres de croissance particulièrement dynamiques depuis 10 ans, et devrait profiter une nouvelle fois d'un report des achats non réalisés en centre-ville. Pascale Jouvanceau se rassure néanmoins : "le e-commerce ne gagnera pas sur le secteur alimentaire". Mais elle craint néanmoins des baisses de commandes pour les commerces alimentaires, et moins d'activité pour la restauration ou l'hôtellerie, suite aux mouvements de grèves et aux manifestations. Or, sur ces secteurs, elle ne peut compter sur un simple report  dans le temps : "vous fêterez noël le 15 janvier vous ? Je ne pense pas !"



La présidente de l'U2P appelle à "ce que ces grèves cessent au plus vite. J'en appelle à la responsabilité collective." Et à l'avenir, elle espère voir apparaître "d'autres formes de contestation qui ne bloquent pas l’accès des Françaises et des Français aux entreprises de proximité. Il en va de la pérennité de nos entreprises et des emplois," conclut-elle. 

 
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