"C'est comme si on était dans le ciel pendant un feu d'artifice", ils battent un nouveau record du monde en parachutisme

Karine Joly et Greg Crozier sont habitués des records. Lui est originaire de Saint-Etienne, elle est de Lyon, tous deux forment un duo de casse-cou. Avec une trentaine d'autres parachutistes, ils ont battu le record de la plus grande formation… Tête en bas, de nuit.

La vidéo est impressionnante : trente-deux parachutistes, vêtus de Led, qui se jettent de leur avion pour se rejoindre en chute libre dans le ciel et allumer un feu d'artifice dans le ciel. Dans la nuit du vendredi 22 au samedi 23 mars, un étrange ballet a éclairé le ciel de Phoenix aux États-Unis. 

Parmi eux, un Stéphanois et une Lyonnaise, unis dans les airs, comme dans la vie. Après leur exploit, nous avons réussi à les contacter. Karine se remémore le saut, des étoiles encore plein les yeux.

Quand on bascule dans le noir et que les gerbes se mettent en route, c'est comme si on était dans le ciel pendant un feu d'artifice. C'est dingue à voir. C'est ça, pour moi, repousser les limites.

Karine, parachutiste

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Dans le ciel de l’Arizona, Greg Crozier, Stéphanois d'origine, et Karine Joly, Lyonnaise d'origine, ont décroché le record du monde du saut collectif dans les airs de nuit. ©G. CABANA / J. KURZE / S. CURTIS / J. KARINE / FTV

Un spectacle pyrotechnique 

Parmi ces amateurs de sensations fortes se trouvaient le Stéphanois Greg Crozier et sa compagne d'origine lyonnaise Karine Joly. Avec trente autres parachutistes, ils ont battu un record du monde : celui de la plus grande formation en vol, tête en bas. 

Avec un saut à 17 000 pieds, soit 5 150 mètres, l'exercice n'a pas été simple. Il aura fallu quatre tentatives pour que tous réussissent à s'agripper et battre ainsi le record. 

La nuit augmente les risques. Se rejoindre dans le noir est plus difficile, surtout avec un vent de 250 à 280 km/h. On devait, en plus, déclencher des détonateurs pour la pyrotechnie.

Karine, parachutiste

"Un groupe des forces spéciales"

Pour assurer le spectacle, en plus des leds, chaque parachutiste était équipé d'une fusée pyrotechnique au pied donnant l'impression qu'une pluie d'étoiles filantes allait s'abattre sur le sol de l'Arizona. "On a réuni des parachutistes d'élite, on avait l'impression d'être un groupe des forces spéciales." Greg le reconnaît, "il fallait une concentration énorme". Dans l'avion qui les a emmenés vers les cieux, il y avait de l'oxygène pour respirer. Un risque supplémentaire compte tenu des artifices embarqués.

Habitués des records

Le couple est champion du monde de Freefly (vol libre). Ils sont habitués aux records du monde : neuf pour elle et sept pour elle. Un peu plus tôt dans le mois, c'est à Zephyrhills, en Floride, qu'ils ont battu le record "de vol de grande formation séquentielle".

Avec 30 autres parachutistes, le couple a réalisé deux formations dans les airs, tout en gardant la tête vers le haut cette fois. Une prouesse, car la tête en haut, ce sont les bras qui stabilisent le corps. Il est donc difficile d'utiliser les mains. À l'inverse, la tête vers le bas, ce sont les pieds qui stabilisent le parachutiste, il est ainsi plus simple d'utiliser les mains pour réaliser les figures.

Encore des records à venir

Avec trois records du monde à leur actif en un mois, on se demande jusqu'où ils iront. Greg sourit, "on aimerait bien valider dix records, on devrait y arriver".

Le prochain rendez-vous pour ces fondus de sensations fortes sera à Nancy, au mois d'août prochain, pour un record de France. D'ici là, en levant les yeux, scrutez le ciel, vous les apercevrez peut-être à l'entraînement.