Coronavirus Covid 19 Un “serious game” lyonnais pour se mettre à la place des chefs d'entreprise

Le premier "serious game" autour du coronavirus, pour vivre le quotidien d'un entrepreneur en face de la crise
Le premier "serious game" autour du coronavirus, pour vivre le quotidien d'un entrepreneur en face de la crise

Et si vous viviez le quotidien d’un chef d’entreprise qui affronte la crise du Coronavirus ? C’est le scénario très réaliste d’un "serious game", créé par deux lyonnaises, auxquels pourront participer 100 volontaires. Avec un objectif : ne pas couler la boite...

Par Yannick Kusy

Charlotte Allégret et Mélanie Déjardin ont associé leurs compétences depuis plusieurs années pour créer leur entreprise de conseil. Elles ont deux profils très complémentaires. La première a une culture plutôt "industrielle" tandis que la seconde est spécialisée dans le "social". Ensemble, se présentant en tant qu"explorateur économique et social", elles proposent aux entreprises, qui en expriment le besoin, un accompagnement sur ces deux tableaux, afin d’optimiser leur fonctionnement. Ramener de la sérénité, optimiser, organiser. Tel est leur savoir-faire, s’adressant aussi bien à des entreprises en crise qu’à des projets naissants. Elles expliquent d'ailleurs leur démarche en détail dans un ouvrage qu'elles ont co-signé.
 
Comme beaucoup d’autres, le 17 mars dernier, elles ont vu leurs projets et leur activité s’arrêter subitement avec la mise en place du confinement. Plus question de côtoyer des chefs d’entreprise ou leurs équipes. Pour remédier à ce moment de flottement dans leur vie professionnelle, elles ont eu l’idée d’adapter aux circonstances un jeu de plateau qu’elles avaient créé dans le cadre de leurs missions d’accompagnement. Elles vont en faire un "serious game" pour 100 candidats.
 

Un jeu de plateau comme outil de pédagogie

« Vis ma vie d’entrepreneur » était utilisé dans les entreprises pour permettre aux salariés de mieux comprendre le quotidien de leurs responsables. Comment vivre la «charge mentale» qui repose, entre autres, sur celui ou celle qui doit prendre chaque jour de multiples décisions capitales. Ce jeu ayant également pour intérêt de démonter certaines idées préconçues et, au passage, d’enseigner des notions basiques : qu’est-ce qu’une tva ? Faut-il licencier, acheter, produire ? etc… A la fin du jeu, les participants constataient s’ils avaient permis à leur entreprise virtuelle de se maintenir à flot, économiquement et socialement.
 
Dans leur livre, Mélanie et Charlotte expliquent simplement la réalité de la vie quotidienne des chefs d’entreprise
Dans leur livre, Mélanie et Charlotte expliquent simplement la réalité de la vie quotidienne des chefs d’entreprise

Ne pas s'effondrer face à la crise

En écoutant les annonces faites par le gouvernement et en observant les réactions du monde entrepreneurial, les deux associées ont imaginé une adaptation de ce jeu dans le contexte si particulier que nous traversons, en y incluant les paramètres d’une crise si exceptionnelle.
A compter du 1er avril, cent volontaires vont pouvoir y participer, en accédant à une plateforme censée représenter la réalité d’une entreprise. Une direction, des salariés, des stocks... Durant les deux premiers mois, ils auront des choix à faire : gérer les charges, les différents contrats de travail, expliquer leurs décisions au personnel, etc. Bref : mener des actions d’ordre à la fois économique et psychologique. Chaque action fera l’objet d’un sondage. Les décisions seront donc appliquées une fois que chaque participant aura donné son avis.
Au bout de deux mois, la crise du Coronavirus arrivera de plein fouet dans leur quotidien. Avec, pour mission, durant les 8 mois suivants, de ne pas s’effondrer. Ensuite, durant les deux derniers mois, viendra la période de résilience. Il s’agira de reprendre un nouveau départ, et de faire le bilan de cette aventure.
 

Un serious game pour un projet ambitieux

Ce test grandeur nature, et ludique, va servir aux deux créatrices de crash-test. L’idée est que le fruit de cette expérience permette, dans un deuxième temps, de développer un « outil de discussion post-traumatique » pour les entreprises, par exemple. Elles comptent notamment répondre, avec ce concept, à un appel à projet (doté de 10 millions d’euros) lancé par le Ministère des Armées.
 
Tout le monde peut s’inscrire. Charlotte et Mélanie n’imposent aucun critère de sélection. Elles espèrent que leur grand jeu réunira 100 participants de tous âges, tous niveaux, tous profils, avec une expérience de manager ou pas. La pluralité des profils permettra d’élargir la richesse de cette expérimentation. Les 100 premiers inscrits débuteront donc la partie, le 1er avril, à 15h précises.

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