"Dans le 8è, c'est le Far-West" : depuis sa prison à Lyon, le rappeur ManyGT lance à nouveau un clip qui défie la police

Déjà condamné à 9 mois de prison, dont 6 ferme, pour avoir organisé le tournage d'un clip vantant les rodéos sauvages en ville, la drogue ou les armes, le jeune rappeur lyonnais ManyGT -alias Mehdi Fiad- a participé, en détention, et par téléphone, à une nouvelle vidéo, mise en ligne sur internet.
Le rappeur lyonnais Many GT, en détention, participe en vidéo -tournée depuis la prison de Corbas- à un nouveau clip mêlant humour et rodéos, trafics et usage d'armes dans le 8ème arrondissement de Lyon. (Capture d'écran)
Le rappeur lyonnais Many GT, en détention, participe en vidéo -tournée depuis la prison de Corbas- à un nouveau clip mêlant humour et rodéos, trafics et usage d'armes dans le 8ème arrondissement de Lyon. (Capture d'écran)

En Août 2021, un jeune rappeur issu du 8ème arrondissement de Lyon a été condamné à 9 mois de prison, dont 6 mois ferme, après avoir organisé un tournage de clip vidéo, dans lequel étaient montré des rodéos urbains, mais aussi du trafic d'arme, notamment. 

Selon l'accusation, Mehdi Fiad, 30 ans, alias "Many GT", a organisé quatre rodéos avec des véhicules de luxe, des motos et des kartings dans les rues du 8e arrondissement et sur le périphérique de Lyon, entre le 14 février et le 17 juin. 

Une initiative qui s'inscrit dans un contexte particulier. A Lyon, notamment, le phénomène des "rodéos sauvages" se multiplie. Une pratique illégale et dangereuse, qui suscite de nombreuses polémiques politiciennes. En mai 2021, l'un de ces rodéos s'était notamment déroulé à proximité de l'Hôtel de Ville de Lyon. Le Procureur de la République et le maire de Lyon ont récemment annoncé travailelr ensemble à une action spécifique contre ce type de délinquance. Une mission d'évaluation de ce phénomène a même été confiée à deux députés.

Le prévenu, Medhi F. présentait un passé sulfureux et un casier judiciaire déjà bien fourni. "On juge un artiste", avait tenté de justifier l'avocat de Mehdi Fiad lors de ce procès. Il a donc finalement été placé en détention à l'issue de son jugement.

Depuis sa prison de Corbas, il participe à un nouveau tournage

Cette condamnation ne l'a visiblement pas empêché de participer, à nouveau, à un clip mis en ligne récemment sur les réseaux sociaux.

"Sachez le. A l'intérieur comme à l'extérieur, on garde toujours le sourire content. La banane ! " explique le rappeur, dans une courte vidéo tournée en détention, elle-même incluse dans un nouveau clip des "Daltons", qui vient d'être mis en ligne. L'artiste se paye même le luxe de porter la tenue rayée jaune et noire - "sapé black banana"- des membres de son groupe. 

Puis vient le clip, tourné à l'aide d'images filmées par drône dans le ciel du 8ème arrondissement, des scènes de fêtes, mais pas seulement. On peut y voir des rodéos urbains multiples, en scooter, motos ou karting. De nombreuses armes sont montrées, on entend même des coups de feu et on aperçoit un homme, habillé en tenue de policier, jouant aux échecs avec l'un des acolytes "daltonien" du rappeur.

On fait la loi de la ville, vend stupéfiants dans l'allée...

Les mots ont un sens. Le clip est lancé par une mise une scène, assurée par l'humoriste et youtuber John Rachid, qui présente un faux journal télévisé. Mêlant humour et messages plus pragmatiques, il y commente la mise en détention récente du jeune rappeur par ces mots : "Une incarcération qui a suscité haine et incompréhension", explique-t-il. 

Au milieu du clip, les paroles, elles-aussi, sont explicites et défient les autorités : "J'rigole, c'est nous les condés. On tourne en police. Sûr qu'on est les plus blindés. On fait la loi de la ville, vend stupéfiants dans l'allée..." La Direction départementale de la sécurité publique appréciera le message.

Les politiques ne sont pas oubliés. "Dans le 8ème, c'est le Far west" et "on a baisé le maire..." peut-on également distinguer, notamment dans les paroles de ce titre. Déjà 13 000 vues sur youtube, 13 heures après la publication de la vidéo.

Toute une production, plutôt rythmée et montée avec soins, mêlant mises en scène, et images d'archives, qui semblent vouloir adresser une réponse, sous forme de défi, notamment à la justice lyonnaise.  

Un artiste qui entend continuer de s'exprimer, même en prison. Au moins pour dire que, dans son quartier, selon les "Daltons", rien n'aurait changé.

De son côté, le syndicat de police municipale FO a réagit sur tweeter à cette publication 

 

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