Devant la Cour d’assises de Lyon, un chauffeur de VTC accusé de viols sur trois clientes

Le procès d’un chauffeur de VTC, accusé d’avoir commis trois viols sur des clientes en 2016, s’ouvre mercredi 8 juillet devant la Cour d’assises de Lyon. Il encourt 20 ans d’emprisonnement.
 

L'auteur présumé comparaît devant la Cour d'assises de Lyon jusqu'au vendredi 10 juillet. Les victimes étaient à chaque fois de jeunes femmes très alcoolisées.
L'auteur présumé comparaît devant la Cour d'assises de Lyon jusqu'au vendredi 10 juillet. Les victimes étaient à chaque fois de jeunes femmes très alcoolisées. © B. Bourgeot / FTV
A.A comparaît mercredi 8 juillet devant la Cour d’assises de Lyon. Cet ancien chauffeur de VTC, un Tunisien de 38 ans, domicilié dans la banlieue lyonnaise est accusé d’avoir violé trois jeunes femmes d’une vingtaine d’années entre janvier 2016 et mai 2016.
 Le mode opératoire décrit par les victimes est à chaque fois identique. L’auteur présumé attendait à la sortie de la discothèque "Le petit salon" dans le 7e arrondissement de Lyon. Il repérait des jeunes femmes fortement alcoolisées pour leur proposer de les raccompagner, se faisant passer pour un chauffeur d’une grande plateforme de VTC.


L’ADN de l’accusé sur le pantalon d’une plaignante

En janvier 2016, une première plainte est déposée. Une jeune femme raconte aux policiers s’être retrouvée chez elle dénudée et évoque des flashs, des souvenirs évasifs avec le chauffeur. Des traces de sperme sont retrouvées sur le pantalon de la victime. Elles correspondent à l’ADN du prévenu.
Quatre mois plus tard, en mai 2016, une autre victime se fait connaître auprès des services de police. Cliente de la discothèque, la jeune femme rapporte le même déroulé : très alcoolisée, elle se fait raccompagner par le chauffeur devant chez elle. L’homme insiste pour l’accompagner dans son appartement. La jeune femme, affaiblie par l’alcool, ne parvient pas à réagir et affirme avoir été violée.
Confondu par son numéro de téléphone et par des témoins de la discothèque, AA est arrêté en mai 2016. Une troisième plainte suivra décrivant la même approche et des faits similaires.
 

Un procès attendu, quatre ans après les faits

Qualifiés une première fois d’agressions sexuelles, les faits auraient dû être jugés par un tribunal correctionnel. Les victimes ont fait appel de cette décision. L'auteur présumé sera donc finalement jugé par la Cour d’assises.
«Nous sommes soulagés que cette audience ait enfin lieu. Ma cliente attend que sa parole soit enfin reconnue, qu’on la reconnaissance comme victime» confie Maître Alexandre Plantevin, avocat de la seconde plaignante.
Maître Simon Ulrich, avocat de la troisième victime, décrit le désarroi dans lequel sa cliente a sombré depuis 4 ans : «elle essaye de s’échapper mais cette histoire la rattrape.»

Ma cliente attend que sa parole soit enfin reconnue.

Maître Alexandre Plantevin, avocat d'une victime


Incarcéré à la maison d’arrêt de Villefranche-sur-Saône (Rhône), l’accusé a déjà été condamné par le tribunal de Bobigny pour une agression sexuelle commise en 2014. 
Dans cette affaire lyonnaise, il encourt vingt ans d’emprisonnement pour viols sur personnes vulnérables. L’accusé a toujours nié les faits. Son avocate, Maître Isabelle Crepin-Dehaene, plaidera l’acquittement : «le dossier n’est pas assez solide. La version de mon client correspond aux éléments matériels du dossier. Il y a peut-être eu une agression sexuelle mais il n’y a aucune preuve de viol.»

Le verdict doit être rendu vendredi 10 juillet.
 
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