Pompier attaqué à la hache à Lyon: 18 mois de prison pour l'agresseur

L'individu âgé d'une trentaine d'années était jugé ce mardi 1er décembre à Lyon pour des faits qui remontent au 4 octobre dernier, accusé d'avoir agressé un pompier avec une hachette devant la caserne Rochat dans le 7e arrondissement. 
Un homme soupçonné d'avoir agressé un pompier avec une hachette est jugé à Lyon ce mardi 1er décembre 2020 (image archives)
Un homme soupçonné d'avoir agressé un pompier avec une hachette est jugé à Lyon ce mardi 1er décembre 2020 (image archives) © MAXPPP
"C'est des gens que je respecte, j'achète leur calendrier chaque année": malgré ses assurances, un homme de 35 ans a été condamné à 18 mois de prison par le tribunal correctionnel de Lyon pour violence aggravée avec usage d'une arme contre des pompiers. Francisco E., qui comparaissait détenu, restera derrière les barreaux. Sa peine est assortie d'un sursis probatoire de 6 mois et d'une obligation de soins.

Ce matin du dimanche 4 octobre, les pompiers du centre de Lyon Rochat balaient les abords de leur caserne quand ils entendent des cris. 
Un homme vient de se saisir d'une hache dans sa voiture et se dirige vers un bar voisin. Francisco E. veut "calmer deux Maghrébins qui ont manqué de respect" à sa compagne du moment, sur fond de différend autour de la musique diffusée dans le bistrot où ils viennent de passer une partie de la nuit. Avec leurs pelles et leurs balais, quatre pompiers tentent de lui barrer la route tout en essayant de le raisonner.

"Je vais vous tirer dessus"

"Je vais sortir une kalachnikov et je vais vous tirer dessus", leur lance l'homme qui s'approche d'eux. Au moment où ils tentent de le maîtriser, aidés par quatre collègues alertés par le bruit, l'un des soldats du feu reçoit un coup de hache sur la tête qui lui laisse une cicatrice de 11 centimètres sur le crâne. Après son interpellation par la police appelée en renfort, les analyses feront état d'1,6 gramme d'alcool par litre de sang chez l'agresseur. Déjà condamné neuf fois par le passé pour conduite en état alcoolique et sans permis, c'est la première fois que le prévenu comparaissait pour violences. 

Pour son avocat, ce ne sont pas "les pompiers qui étaient visés en tant qu'institution, seulement des gens qui se sont mis en travers du chemin d'un homme qui voulait défendre l'honneur quelque peu écorné de sa compagne". 

"Il aurait peut-être fait un carnage"

"Si les pompiers n'étaient pas intervenus, il aurait peut-être fait un carnage dans le bar, et on serait aux assises", a estimé Rémy Chabbouh, secrétaire national du Sud-SDIS, qui réclamait "une peine exemplaire" face à la montée des agressions contre les pompiers. "Une toutes les trois heures dans le pays", a-t-il indiqué en se basant sur les chiffres de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales.
 

Report d'audience en octobre


En octobre, l'audience en comparution immédiate avait été reportée, une expertise psychiatrique ayant été demandée concernant le suspect. Ce dernier était cependant resté en détention provisoire. Pour cette nouvelle audience du 1er décembre, le syndicat Sud Sdmis 69 a appellé à un rassemblement en tenue devant le tribunal: "Nous serons présents aux côtés de nos collègues et appelons à un rassemblement calme et respectueux en soutien", indiquait le syndicat dans un message publié sur Facebook. 
 
Le rappel des faits
Le 4 octobre dernier, un pompier était agressé à la hachette devant un bar associatif situé face de la caserne Rochat, dans le 7e arrondissement de Lyon. Le soldat du feu avait été blessé alors qu'il tentait de s'interposer entre le suspect et plusieurs clients de l'établissement. L’individu et sa concubine avaient été évincés d’un bar associatif après un différend. L’homme s'était emparé d’une hachette dans sa voiture. De retour devant le bar associatif, l'homme a menacé de s'en prendre aux clients de l'établissement. Alertés par les cris et les insultes, les sapeurs-pompiers ont tenté de mettre fin à la bagarre. L'un d'eux avait reçu un coup à la tête. Bilan : une plaie de 10 centimètres. 

Le ras-le-bol des pompiers 

Ce week-end d'octobre, des soldats du feu avaient essuyé des jets de pierres et de boules de pétanque lors d'une intervention sur des feux de véhicules dans un quartier sensible de Rillieux-la-Pape. En signe de protestation, quelques jours après ces deux événements, les pompiers du SDMIS avaient manifesté devant la préfecture du Rhône. Ils avaient symboliquement déposé leurs casques pour dénoncer les agressions. Ils entendaient également réclament plus d'effectifs de pompiers et de policiers pour assurer leur sécurité lors d'interventions sensibles. 
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