Le député du Rhône Jean-Luc Fugit menacé de mort par décapitation : l'élu a porté plainte

Publié le Mis à jour le
Écrit par D.Mazzola (avec B.Tardy/D.Pajonk)

Des menaces de mort à l'encontre d'un élu. Le député LREM du Rhône Jean-Luc Fugit tire la sonnette d'alarme. Ce dernier a été visé par des messages particulièrement violents : on le menace notamment de décapitation à la hache. L'élu a décidé de porter plainte.

"Tu as voulu t'amuser avec notre liberté tu devras le payer...peu importe que tu sièges toujours à l'Assemblée ou non, je vais t'arracher la vie", "je vais te pourchasser jusqu'à ton domicile...", "ta tête sera décapitée et je vais partir", "tu peux me croire quand je dis que je vais te tuer".

Ces propos particulièrement violents sont extraits des menaces reçues cette semaine par le député de la 11e circonscription du Rhône Jean-Luc Fugit. Un courrier anonyme et des menaces de mort. Ce n'est pas le premier qu'il reçoit. C'est même le quinzième fois en six mois. Ils ont commencé à lui parvenir l'été dernier avec les débats parlementaires sur le vote du pass sanitaire. 

L'élu a décidé de dévoiler ces menaces sur sa page Facebook. Il vient de publier les trois derniers courriers électroniques reçus. 

"En démocratie aucun citoyen ne devrait être menacé quels que soient ses opinions, ses convictions, ses engagements !", souligne le député du Rhône dans sa publication. 

Multiplication des menaces

En première ligne, les élus sont régulièrement pris à partie. "Parfois ce sont des dégradations de permanence, des manifestations un peu virulentes..." explique Jean-Luc Fugit. Mais pour lui, ces menaces ont un caractère inédit : " des menaces de mort, c'est encore autre chose. C'est quelque chose de plus personnel, plus dur mais il n'est pas question de céder à cela". 

Jean-Luc Fugit, député de la 11e circonscription du Rhône, tire la sonnette d’alarme autour des menaces visant les élus de la République. Car le parlementaire du Rhône n'est pas le seul à subir ces actes. 

Depuis 2020, une augmentation des menaces et outrages surtout à l'encontre des maires avaient été constatée. Mais depuis l'été dernier, les députés semblent également visés. Selon le président de l'Assemblée nationale, des centaines de députés auraient été menacés voire agressés dernièrement. C'est notamment le cas, le 22 janvier dernier, de Romain Grau, député LREM, agressé devant sa permanence de Perpignan.

Bruno Bernard, président de la Métropole de Lyon,  qui a récemment apporté son soutien au député victime, ces actes sont des "intimidations inacceptables" : "les menaces contre des élus de la République ne doivent jamais être tolérées, ni banalisées", écrit-il sur son compte twitter. Il également apporté son soutien à Olivier Berzane, maire du 8e arrondissement, touché par une bombe à eau. 

Révolte contre les élus ?

Les débats autour du Pass Vaccinal ont échauffé les esprits. Mais pour le politologue lyonnais Daniel Navrot, c'est aussi plus largement une crise du politique qui se joue. "On sent qu'il y a une animosité ou une incompréhension vis à vis du monde politique, de l'activité politique, un désintérêt ou alors carrément une révolte contre les élus. Ce sont deux phénomènes qui se rejoignent et on peut penser que la plupart des personnes qui pratiquent la violence politique sont aussi des abstentionnistes. Mais heureusement, il y a plus d'abstentionnistes que de violence pour le moment".

L'institution judiciaire fortement mobilisée

Tous les parquets de France sont aujourd'hui très attentifs aux violences faites aux élus et fortement mobilisés. A Lyon, le procureur de la République, Nicolas Jacquet parle d'un enjeu de cohésion sociale... 

Ces menaces sont inacceptables. Elles portent atteinte à la Démocratie, à la République (...) Ceux qui sont auteurs de ces messages vont devoir en répondre.

Nicolas Jacquet, Procureur de la République (Lyon)

"Chez nous, depuis le mois d'août, ce sont six députés du Rhône qui ont été menacés, qui ont déposé 12 plaintes. Elles ont été adressées aux services spécialisés. Le parquet de Paris a une compétence sur la haine en ligne qui date du début de l'année 2021. Ces plaintes ont été transmises au parquet de Paris". Des enquêtes sont en cours pour identifier les auteurs de ces faits, auteurs "qui passent par les réseaux sociaux", selon le procureur. La justice avait constaté des 

De son côté, Jean-Luc Fugit, qui appelle à un débat public apaisé, a porté plainte contre X pour la deuxième fois.

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