Lyon : des apiculteurs manifestent pour dénoncer la surmortalité des abeilles

Une quarantaine d'apiculteurs s'est rassemblée devant la préfecture du Rhône ce jeudi 7 juin au matin, pour dénoncer la surmortalité des abeilles, dans le cadre d'une mobilisation nationale.  

Alors que 2018 signera un nouveau record d'effondrement des cheptels d'abeilles, les apiculteurs demandent un plan exceptionnel pour les plus sinistrés.
Alors que 2018 signera un nouveau record d'effondrement des cheptels d'abeilles, les apiculteurs demandent un plan exceptionnel pour les plus sinistrés. © Y. Kusy / France 3
La mortalité des abeilles était déjà critique, en ce printemps 2018, elle est devenue catastrophique. Pour dénoncer cette hécatombe, et interpeller l'état, une quarantaine d'apiculteurs du Rhône s'est mobilisée ce jeudi 7 juin au matin, à Lyon. Le cortège s'est dirigé vers la préfecture du Rhône, où une délégation a été reçue. 

Tout le territoire est concerné

Les manifestants répondent à un appel national, alors que l'année 2018 atteint un record de mortalité dans nombre de départements de France, selon l’Union nationale de l’apiculture française (Unaf). Le monde de l’Apiculture demande "de toute urgence un plan de soutien exceptionnel aux apiculteurs sinistrés, et de restaurer un environnement viable pour les colonies d’abeilles et les pollinisateurs." Selon l’Unaf, la France comptait en 2015 plus de 70 000 apiculteurs, et entre 1,25 et 1,3 million de ruches.

Les néonicotinoïdes, tueurs de masse

A Lyon comme dans de nombreuses communes de France, les apiculteurs déplorent une explosion de la mortalité, liée notamment à la teneur des pesticides utilisés par l'agriculture intensive. Ils dénoncent notamment les néonicotinoïdes, arrivés dans les années 1990, qui auraient fait passer le taux de mortalité d'une moyenne de 4% à des taux de 90% dans certains secteurs.  
Plus précisément, dans le Rhône, des apiculteurs dénoncent également le traitement récurent de l'ambroisie. Les produits utilisés nuiraient également aux essaims.

La loi à la rescousse des abeilles ?

En France, la loi sur la biodiversité de 2016 prévoit l’interdiction des néonicotinoïdes à partir du 1er septembre 2018, avec des dérogations possibles au cas par cas jusqu’au 1er juillet 2020. Au niveau européen, trois néonicotinoïdes - clothianidine, thiaméthoxame et imidaclopride - seront interdits à compter de décembre dans toutes les cultures en plein champ.

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